Le SMIC a soixante ans
Publié le : 19 février 2010
Sous l’impulsion du ministre du travail Paul Bacon, la loi du 11 février 1950 institue le Salaire Minimum interprofessionnel Garanti (SMIG). Cette loi s’inscrit dans le contexte de l’après-guerre et dans la droite ligne du préambule de la Constitution de la IVème République (1946) indiquant que « la Nation garantit à la famille les conditions nécessaires à son libre développement ». Ce SMIG, indexé sur l’inflation disparait vingt ans plus tard, remplacé par le SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance), créé par la loi du 2 janvier 1970 et quant à lui indexé sur l’évolution du salaire moyen. L’objectif est alors de garantir à tous les salariés leur pouvoir d’achat et leur participation au développement économique de la nation.
Lors la campagne à l’élection présidentielle de 2007, le SMIC est l’objet de nombreux débats suite à la proposition socialiste de le porter à 1500 euros brut mensuel au terme des cinq ans du mandat présidentiel. Une proposition jugée à l’époque irréaliste pour beaucoup mais loin d’être anecdotique. En effet, en juillet 2008, l’Insee recense plus de 14% de salariés français « smicards », un taux relativement élevé par rapport aux autres pays développés et le plus important parmi les pays de l’Union européenne. Alors qu’à l’origine le SMIC ne devait s’adresser qu’aux salariés non qualifiés, près de 3,4 millions de personnes sont concernées en France, dont un tiers à temps partiel. La part de ces salariés est particulièrement élevée dans la restauration rapide et les entreprises de propreté. Des salariés qui touchent depuis la revalorisation du SMIC le 1er janvier 2010 8,86 euros brut de l’heure, soit 1343,77 euros brut mensuel dans le cas d’un temps plein (1056,24 euros net).


