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Les étudiants face à l’emploi

Le RSA, nouvel ami des jeunes ?

Publié le : 12 octobre 2010

Si malgré tous nos conseils vous n’avez toujours pas trouvé le travail tant souhaité, différentes aides permettent de continuer à survivre en attendant le travail de vos rêves. Mais encore faut-il pouvoir en bénéficier.

Pôle Emploi, une valeur sûre

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Le premier réflexe, c’est évidemment de se tourner vers le Pôle Emploi pour obtenir une allocation chômage. Mais pour cela, il faut avoir travaillé pendant au moins quatre mois au cours des vingt-huit derniers mois. La durée d’indemnisation est plafonnée à deux ans, et le montant de l’allocation dépend du salaire touché avant la cessation d’activité. Le grand hic, c’est donc d’avoir réussi à travailler pendant quatre mois. Pas facile lorsqu’on est tout juste diplômé, d’autant que les stages ne sont pas pris en compte dans ce calcul.

La solidarité étendue aux jeunes
Depuis le 1er septembre, une autre solution existe pour les jeunes en difficulté : le RSA. Mais cette mesure, mise en avant à grands renforts de communication (notamment par des mails de la CAF), ne touche pas forcément tant de jeunes qu’il y parait.

Tout d’abord, qu’est-ce que le RSA ? Le Revenu de Solidarité active a été mis en place en 2009 afin de regrouper l’ensemble des prestations sociales (Revenu minimum d’Insertion, Allocation Parent isolé, etc) allouées aux personnes ayant peu ou pas de ressources financières. Il accompagne le retour à l’emploi, diminuant progressivement au fur et à mesure que les revenus de l’allocataire augmentent.

La grande mesure de la rentrée pour les jeunes, c’est donc l’extension du RSA aux plus de 18 ans, qui devaient jusqu’à présent attendre leurs 25 ans pour pouvoir en bénéficier. Cependant, après un examen plus précis des conditions d’obtention, il apparaît qu’elles sont très restrictives, et ne peuvent réellement concerner que très peu de jeunes.

Des conditions très strictes

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En effet, il faut pouvoir justifier d’un équivalent de deux ans de travail à temps plein sur les trois dernières années, et avoir perçu au moins 500 euros dans le trimestre précédant la demande. Or, le RSA est calculé en fonction des revenus touchés. Pour toucher le taux plein du RSA pour les jeunes (405 euros), il faut n’avoir presque aucune source de revenus. Avec une allocation chômage basée sur un SMIC, pas le droit au RSA, il faut avoir épuisé ses droits au chômage, tout en remplissant la condition des 3214 heures de travail effectuées en trois ans. Le RSA vise également les jeunes touchant de faibles revenus, soit parce qu’ils travaillent à mi-temps (pour un revenu de 500 euros par mois, un jeune peut toucher 215 euros de RSA), soit parce qu"ils sont en apprentissage ou en stage rémunéré. Mais combien de jeunes cela représente-t-il ? Certainement pas la majorité des 18-25 ans.

Entre 14 492 et 100 000 jeunes bénéficiaires
Le RSA jeunes est-il alors un effet d’annonce ? De nombreuses voix se sont élevées au cours du mois de septembre pour dénoncer la drasticité des conditions de son application. Le cabinet de Martin Hirsch avait affirmé que près de 160 000 jeunes seraient éligibles pour cette allocation ; son successeur au ministère de la Jeunesse et des Solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse, refuse d’accréditer un tel chiffre, sans donner plus de précisions sur le nombre de bénéficiaires potentiels. En se basant sur la somme budgétisée par le gouvernement pour financer cette mesure jusqu’à la fin de l’année (20 millions d’euros), les estimations des différents acteurs vont de « beaucoup moins de 100 000 jeunes » pour Le Figaro à « 14 492 jeunes » pour le député PS Christophe Sirruge dans Libération.

Si cette bataille de chiffres, sport particulièrement à la mode en ces temps de manifestations, prouve quelque chose, c’est bien que lorsqu’on est jeune, le mieux c’est encore d’avoir un travail. Tout aussi vrai qu’il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade.

Nolwenn Quioc