Le Critérium inter-IEP, du sport et de la fête

Chaque année depuis vingt-quatre ans, le dernier weekend de mars, près de 3000 étudiants de Sciences Po se réunissent dans une des 9 grandes villes de France possédant en son sein un IEP, venant y perturber son quotidien tranquille.

Ce qui ressemble à un instinct grégaire communautariste des étudiants des grandes écoles est en fait le Critérium inter-IEP, plus souvent appelé « crit’ ».

En 1986, Sciences Po Toulouse et Sciences Po Bordeaux s’affrontaient lors d’un match de rugby. L’idée s’est étendue à tous les IEP et s’est ouverte à d’autres sports. Le crit’ était né. On l’aura compris, le crit’, c’est avant tout du sport : les sportifs étudiants s’affrontent autour de 14 épreuves, allant du rugby à la danse, en passant par la pétanque et le tennis de table.

Deux jours, trois nuits

Mais le crit’, c’est aussi des supporters, avec des pom-pom girl, des drapeaux, des mascottes, des T-shirt, des chansons, et des couleurs à défendre. Il faut au moins ça, pour encourager les courageux sportifs de son école ! Et pour remonter le moral des perdants et fêter les gagnants, le crit’ c’est aussi trois folles nuits dont on sort rarement indemne. Bon allez, osons le dire, le sport au crit’ c’est aussi une bonne excuse pour faire la fête…

Pour intimider ses adversaires, tout est bon. Les mascottes sont plus délirantes les unes que les autres (un cochon pour Toulouse, une bouteille de vin pour Bordeaux, une moule pour Lille…), et les slogans que hurlent les supporters et les pom-pom n’ont rien à envier aux stades de foot. Entre autres exemples, notons que la chanson préférée de 8 IEP sur 9, reste « Province, unis, tous contre Paris ! ».

L’enjeu est de taille : pour les 9 IEP de France, c’est une question d’honneur que de prouver que son IEP est le meilleur, et pas seulement avec les bulletins de notes. Si remporter le maximum d’épreuves sportives compte, le classement général offre aussi d’autres récompenses : prix de l’ambiance, du fair-play, meilleure fanfare et meilleur « show » pom-pom girl. Le perdant toutes catégories se voit attribuer la « cuillère en bois », qu’il doit conserver jusqu’à ce que quelqu’un perde à son tour. L’IEP organisateur doit également faire tout son possible pour que « son » crit’ soit impeccable, le plus grandiose et le plus drôle possible.

« Toulousains, assassins ! »

Le lieu de la manifestation tourne tous les ans. Cette année, les Toulousains devront subir 12 longues heures de bus pour aller jusqu’à… Strasbourg. L’IEP de Toulouse n’a gagné qu’une fois, en 1999. L’an dernier, il s’est vu attribuer la cuillère en bois… Quelles sont ses chances de victoire cette année ? On se souvient qu’en 2008, année où Toulouse a accueilli le crit’, le rugby féminin et masculin (les GORETs et GORETtes) sont arrivés en finale. Les rose et noir renouvelleront-ils l’exploit cette année ? En tout cas, les supporters et les sportifs qui seront là du 26 au 28 mars sont plus motivés et combatifs que jamais. Allez Toulouse !

Mathilde Romagnan