La rose s’épanouit à Toulouse
Publié le : 28 septembre 2011
Martine Aubry fut la première, François Hollande sera le dernier. Théâtre privilégié des plus grands meetings de l’histoire de la gauche, Toulouse n’échappe pas à la règle lors de cette campagne des primaires citoyennes.
« 5, 4, 3, 2, 1... François Mitterrand est élu président de la République. » L’image est en noir et blanc. Le son, vieux de trente ans. Il est pourtant accueilli par les ovations de plusieurs centaines de militants socialistes, réunis ce mercredi 7 septembre, à la Halle aux grains. Martine Aubry est, elle, grand sourire. L’ex-première secrétaire du Parti socialiste organise à Toulouse son premier grand meeting de campagne, pour les primaires ouvertes de la gauche. Elle y a « des amis », des soutiens, surtout : Pierre Cohen, le maire, Martin Malvy, le président de la Région. Mais les raisons de sa venue dans la Ville rose sont plus profondes.
« François Mitterrand avait pour coutume d’achever ses campagnes ici à Toulouse, se souvient-elle en ouverture de son discours. Il s’y sentait en famille, il trouvait sa force dans celle de l’Occitanie, de sa terre, de son caractère. Moi, je voulais que tout commence à Toulouse, parce que je voulais que le fil soit renoué avec 1981 et 1988. »
Ce n’est donc qu’une suite logique de l’histoire de voir « la terre de Jaurès », comme la surnomme avec tendresse Arnaud Montebourg, accueillir tour à tour les six candidats engagés dans ces primaires. A l’exception du Catalan Manuel Valls, le seul à ne pas vraiment avoir d’attache particulière en Midi-Pyrénées.
Hollande y conclura sa campagne
Ce n’est pas le cas d’Arnaud Montebourg, qui fut le deuxième, jeudi, à battre campagne dans la Ville rose. Pour une scène assez surprenante : mélange d’improvisation contrôlée et d’un plan de com soigneusement préparé, le député de Saône-et-Loire a d’abord pris la parole place du Capitole. L’objectif : convaincre passants et badauds sur son thème fétiche, la démondialisation. Et attirer un maximum d’entre eux à venir suivre son meeting, dans une salle du Sénéchal qui deviendra vite exiguë, en rapport à la notoriété croissante du partisan de la VIeme République.
Arnaud Montebourg était suivi le lendemain par le régional de l’étape, Jean-Michel Baylet (voir notre encadré). Bête curieuse de la primaire dans l’Hexagone, le président du Parti radical de gauche est loin d’être un inconnu en Midi-Pyrénées. Son père, Jean Baylet, fut le propriétaire et le directeur de La Dépêche du Midi, dont le sénateur du Tarn-et-Garonne a hérité. Ils étaient environ 80 militants radicaux, salle Duranti, à venir apporter leur soutien à « JMB ».
Ils seront à coup sûr bien plus nombreux pour saluer le retour de Ségolène Royal, qui avait conclu la campagne présidentielle de 2007 au parc des expositions de Toulouse, aux côtés de José Luis Zapatero et devant 22 000 personnes. Celle qui est aujourd’hui devenue l’outsider de la primaire dans toutes les enquêtes d’opinion a choisi, comme Martine Aubry avant elle, d’inviter ses partisans à la Halle aux grains, ce jeudi 28 septembre.
Les sondages, justement, en ont fait le grand favori. François Hollande sera le dernier du club des six à se déplacer à Toulouse, le 6 octobre. Le député de Corrèze tiendra meeting salle Jean-Mermoz avec l’objectif de faire mieux que Martine Aubry, sa première rivale, qui a attiré environ 2000 personnes début septembre. Pour le député de Corrèze, Toulouse sera le cadre de son dernier meeting. Un choix censé porter bonheur.


