La lutte pour l’égalité hommes-femmes reste leur dénominateur commun

Caroline Bourdeu d’Aguerre, 25 ans, militante d’Osez le Féminisme, Noémie Caillet, 29 ans, militante de Mix-Cité, et Marie-Thérèse Martinelli, 40 ans de lutte, membre du Collectif Droit des Femmes

“Univers-cités” : Quelle est votre vision du féminisme ?

Caroline Bourdeu d’Aguerre : Le féminisme aujourd’hui comme hier lutte pour l’égalité hommes-femmes.

Noémie Caillet : Le féminisme est un mouvement complexe : mouvement révolutionnaire - car le féminisme est un changement radical de l’organisation de la société tout entière, contre-pouvoir, également théorie politique et philosophique, et surtout un mouvement de libération des femmes, individuel et collectif.

Marie-Thérèse Martinelli : Pour moi, il s’agit d’un combat global de société. Le plus important, c’est la lutte contre la domination masculine, et en particulier contre le système patriarcal qui impose une hiérarchisation des sexes. Combattre ce système nécessite un travail approfondi dès l’enfance.

Pensez-vous qu’il existe un « nouveau féminisme » ?

C. B. d’A. : Non, je pense que les thèmes du féminisme n’ont pas changé. Seulement, nos aîné-e-s se battaient pour obtenir une égalité dans la loi. Cette égalité, en France comme dans d’autres pays, elles/ils l’ont obtenue, il faut maintenant l’appliquer.

N.C. : Attention ! Le concept de « nouveau féminisme » a souvent des résonnances antiféministes. C’est une façon de reléguer les formes de féminismes présentes dans le passé en leur enlevant toute légitimité. S’il y a une histoire des mouvements féministes, il y a aussi une cohabitation des générations et des formes d’organisations : à Mix-Cité, nous militons selon un mode mixte, tout en organisant et en soutenant des actions et des moments non mixtes.

M.-T. M. : Le féminisme a toujours été composite. Cependant, il est vrai qu’il a récemment été l’objet de récupérations, notamment par la pensée de droite qui a fait de l’égalité hommes-femmes son cheval de bataille. Mais le féminisme dépasse largement cette question de l’égalité.

Que dire aux gens qui pensent que le féminisme est « ringard » ?

C. B. d’A. : Je leur dirais de regarder autour d’eux, et de m’expliquer en quoi la lutte contre toutes ces inégalités n’est plus d’actualité !

N.C. : Non, les priorités restent l’amélioration des conditions sociales des femmes et l’évolution des mentalités. Il faudrait notamment corriger la misogynie de la langue française, encourager les jouets non sexistes…

M.-T. M. : Sincèrement, je souhaiterais qu’il le soit. Mais ce n’est pas le cas, l’inégalité des salaires subsiste, et ce n’est qu’un seul exemple. Aujourd’hui, les femmes occupent des postes avec plus de responsabilités, mais leur salaire n’a pas évolué de façon proportionnelle.

Elsa Dutaut, Marianne D.