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Les transports à Toulouse

« Promettre la gratuité des transports pour les jeunes était une erreur »

Publié le : 9 novembre 2010

Adjoint du maire de Toulouse Pierre Cohen aux transports, Bernard Marquié est également délégué à la communauté urbaine et vice-président de Tisséo. A ce titre, c’est lui qui est en charge des interventions pour la circulation, le stationnement et la politique des transports. Il revient sur les principales interrogations en matière de mobilité urbaine.

Bernard Marquié, adjoint au Maire aux transports

Quelle est l’orientation de la politique des transports à Toulouse ?

Lorsque nous avons fait campagne il y a trois ans, les déplacements dans la ville étaient une grande priorité. La campagne électorale elle-même a fait voir dans toutes les assemblées publiques qu’une des questions fortes qui remontaient était les transports et les déplacements. Sitôt élus, nous avons donc engagé les Assises de la mobilité, en mai et juin 2008. Elles nous ont permis de rencontrer les gens pour formaliser les choses, quartier par quartier et thème par thème.

Pierre Cohen avait promis la gratuité des transports pour les moins de 26 ans... qu’en est-il aujourd’hui ?

Je pense que c’était une grosse erreur politique... disons que le débat avait mal commencé quand on a engagé la campagne électorale, puisque certains, qui n’étaient d’ailleurs pas sur la liste municipale, comme le président du Conseil général, ont lancé un grand truc avant que nous ayons mis en place notre programme en disant « il faut la gratuité totale des transports pour les jeunes ! ». Nous avons donc dû faire un compromis. Mais après, quand nous avons été élus, nous nous sommes vite aperçu que vu la situation d’endettement de Tisséo, ce ne serait pas possible et nous avons dû reculer. Nous avons fait une coupe mi-figue mi-raisin, avec l’abonnement à dix euros par mois, ce qui est quand même très avantageux. Avec ce tarif, nous sommes les moins chers de France pour l’accessibilité des transports collectifs pour les jeunes. Je pense que si on avait proposé ça dès le début ça aurait été plus simple pour tout le monde, et plus intelligent. Peut être qu’un jour on arrivera à la gratuité, mais pour l’instant, cela représente des dizaines de millions d’euros et ce n’est pas possible à gérer.

Un développement plus important des transports la nuit est-il envisageable ?

Pour le moment ce que nous allons faire, c’est que le tramway sera calé sur les mêmes heures que le métro. Ensuite, nous avons deux ou trois études en cours pour améliorer le réseau de nuit, mais la problématique aujourd’hui c’est que pour le moment ces services sont très peu utilisés, et donc faire rouler des bus relativement vides, ça coûte cher ! Par contre, nous nous battons avec la maison Decaux pour qu’au moins les vélos Toulouse soient en accès libre 24 heures sur 24, alors je ne dis pas quand on va y arriver mais on y travaille !

Pourquoi l’entreprise Decaux refuse t-elle ?

Le prétexte de Decaux est qu’au vu de l’insécurité qui existe déjà la journée sur leurs vélos, une ouverture la nuit aggraverait la situation. Moi je pense qu’au contraire, si les gens pouvaient s’en servir la nuit cela éviterait bien des mécontentements et il y aurait moins d’acharnement sur les vélos.

Elsa Dutaut, Nolwenn Quioc