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La fête dans tous ses états

C’est mieux à la maison

Publié le : 30 novembre 2010

Faire la fête chez soi cela peut être fun. C’est forcément moins cher. Mais pour les voisins c’est parfois dur à vivre.

C’est bien connu, les étudiants ont un petit porte-monnaie, et une grosse envie de faire la fête. Mais sortir, cela revient cher. Une part importante du budget de Mélanie, qui étudie l’anglais au Mirail, y est consacrée. Alors comme pour une grande majorité des étudiants toulousains, elle a pris une décision radicale. Une fois par semaine elle et ses colocataires transforment leur appartement très « seventies » en une boîte de nuit personnalisée. « Ça coûte bien moins cher que de passer la soirée dans un bar ou une boîte de nuit et en plus on peut choisir la musique », explique une Mélanie coiffée, habillée, maquillée, prête à accueillir ses visiteurs.

Le thème du jour : soirée blanche. Le principe : tous les murs ont été recouverts de papier blanc, les invités doivent s’habiller en blanc et Mélanie a préparé des cocktails à base de jus de coco baptisés « white power ».

14 heures le samedi

Pour une meilleure entente avec leurs voisins, certains aficionados de la fête à la maison ont trouvé la solution. Organiser les festivités la journée. Chez Camille le samedi, c’est comme chez Mélanie. Les invités sont aussi en retard, il y a autant d’alcool. Sauf qu’ici les rideaux sont tirés et qu’il est 14 heures. « Plusieurs voisins se sont plaints du bruit alors on a trouvé un terrain d’entente, explique-t-elle, maintenant on fait la fête de 14 heures à 22 heures, personne ne se plaint, et on se couche plus tôt ».

Plus qu’une simple soirée entre amis

22 heures, les invités arrivent au compte-goutte. « C’est toujours comme ça, commente l’hôte, on leur donne rendez-vous à 21 heures, il faut compter une heure de plus, l’heure toulousaine ». C’est la coutume, presque une question de savoir vivre, chaque visiteur apporte avec lui une bouteille, d’alcool, si possible, qu’il dépose sur la grande table en formica du salon qui fait office de bar. Ici, pas de licence IV, mais l’alcool coule à flot.

Avec la musique, les bouteilles et l’ambiance générale la soirée de Mélanie n’a rien d’une fête entre amis. À 23 h 30, une trentaine de convives occupent les 80 m2 des trois colocataires. Toutes les pièces sont mises à contribution. Ambiance cosy dans l’une des chambres, fumoir dans la salle de bain, et dans le salon la plupart des étudiants se trémoussent sur la piste de danse. D’ailleurs, Mélanie ne les connaît pas tous. « Il y a mes amis, les amis de mes colocataires, leurs amis, et les autres », plaisante-t-elle visiblement entraînée par le flot de la soirée.

« On a déjà reçu une lettre du syndic »

2 heures, chez Mélanie : comme pour toutes les fêtes à la maison, il y a une règle systématique : le son de la musique monte en même temps que la soirée. Bientôt la chaine hi-fi qui sonorise l’appartement affiche un volume « max ». De temps en temps, l’un des trois colocataires, de passage devant l’engin, ramène le niveau sonore à un niveau plus admissible, mais rien n’y fait. Quelques minutes plus tard, il s’envole à nouveau.

Alors forcément, en dessous, les voisins commencent à réagir. Ce sont ceux du deuxième qui viennent les premiers frapper à la porte. Le ton est ferme, mais courtois, Mélanie promet, elle va inciter ses convives à baisser d’un ton. Peine perdue. « On a déjà reçu une lettre du syndic », explique-t-elle un peu désespérée.

Une demi-heure plus tard, on frappe à nouveau. C’est le même voisin : « Ça fait trois fois ce mois-ci », vocifère-t-il avant de menacer d’appeler la police. Pourtant, sur le palier avant de prendre l’ascenseur un mot avertissait « Chers voisins en raison de la fête d’anniversaire d’un des colocataires de l’appartement 304, il est possible que nous fassions un peu de bruit, veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée ».

3 heures, les derniers invités quittent les lieux. Demain il y aura du ménage à faire, mais Mélanie sait déjà ce qu’elle va faire de sa soirée. Elle est invitée dans une autre fête, dans un autre appartement.

Victorien Tronche