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L’an 1 de Pierre Cohen à la mairie de Toulouse

La culture au diapason de la cité

Publié le : 20 mars 2009

Résultat de la vaste consultation organisée dans le cadre des « Assises de la Culture », le projet culturel pour Toulouse 2009-2014 a été dévoilé la semaine dernière. Son ambition : placer la culture au cœur de la ville, dans une démarche citoyenne au profit de l’innovation.

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L’Orchestre National du Capitole
Crédits Mairie de Toulouse

Passée la déception de ne pas avoir obtenu le titre de Capitale européenne de la culture en 2013, la municipalité vient de présenter son grand projet culturel pour Toulouse, prouvant ainsi que les arts et le patrimoine ne sont pas que des motifs de compétition. Issu des « Assises de la Culture », qui ont réuni plus de 5000 personnes, élus, professionnels et citoyens autour d’une réflexion d’ensemble sur les manières de promouvoir les arts et la création sous toutes leurs formes, cette initiative est le fruit d’un «  travail considérable, d’une démarche de grand rassemblement, d’une concertation structurée menée davantage en coureur de marathon qu’en sprinter », comme l’a précisé Pierre Cohen lors de la conférence de presse.

Articulé autour de quatre principaux objectifs (solidarité, création, équilibre et participation) qui se déclineront en dix grandes orientations, le projet a pour ambition, selon Nicole Belloubet, première adjointe au maire en charge de la culture, « de défendre l’éducation populaire et la culture pour tous, qui sont parmi les premières missions de la puissance publique ».

Une métropole en mouvement

Echelonné sur une période de cinq ans avec des plans d’actions réactualisés chaque année, le projet culturel frappe par son envergure, aussi bien dans les moyens mis en œuvre que dans les buts poursuivis, notamment de faire de Toulouse une « métropole en mouvement ». La mise en place d’un parcours culturel gratuit pour les enfants âgés de 6 à 11 ans ainsi qu’un travail sur la tarification des événements et des accès aux différentes institutions culturelles témoignent d’un réel souci de décloisonnement du secteur et d’ouverture à l’ensemble des citoyens.

L’innovation scientifique et technique, tout comme la créativité en général, seront soutenues par une palette de subventions, notamment le label « Toulouse’Up », destiné à promouvoir des initiatives originales. Par ailleurs, une « Semaine de l’innovation » verra le jour à l’automne prochain en attendant l’ouverture d’un grand « chantier numérique » de la ville. La transmission des mémoires, du patrimoine et des cultures ne sera pas délaissée, tandis que la construction d’un « Quartier des sciences » situé autour des Allées Jules-Guesde et de la Grande rue Saint-Michel devrait débuter à l’horizon 2010-2011 et qu’une « Maison de l’Image » dans le quartier de la Reynerie au Mirail devrait ouvrir ses portes en 2012.

Evolution ou révolution ?

Au total, 93 actions sont programmées dans l’optique de voir « combien la culture peut être un point fort dans la vision d’un projet urbain », ainsi que l’a indiqué Pierre Cohen. A travers cet ambitieux plan de développement, c’est aussi une recomposition au long cours des enjeux culturels dans les politiques publiques, initiée en France de façon très nette sous le premier mandat de François Mitterrand, qui est à l’œuvre. Des mutations dont Marc Fumaroli en 1992 dans L’Etat culturel ou encore Vincent Dubois dans des travaux universitaires plus récents ont saisi les contours et les implications.

Si le paysage culturel toulousain est donc amené à prendre un nouveau visage dans les années à venir, d’autant que la part du budget de la ville consacrée à la culture (15 %, soit 102 millions d’euros) est en augmentation, soulignons qu’il s’agira d’une évolution à long terme puisque le calendrier du projet court quasiment jusqu’aux prochaines élections municipales. Une évolution dont le principe sera d’associer les Toulousains, les quartiers et les acteurs culturels afin que se réalise, comme Nicole Belloubet le souhaite, « une métamorphose de la vie culturelle qui ne soit pas clinquante mais durable. »

Nicolas Coulaud