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L’an 1 de Pierre Cohen à la mairie de Toulouse

La citoyenneté toulousaine rénovée

Publié le : 20 mars 2009

C’était une promesse de campagne : réorganiser la décentralisation de l’administration municipale en tenant compte de l’opinion des citoyens. En octobre et novembre derniers, 1500 Toulousains ont participé aux Rencontres de la démocratie locale, contribuant ainsi à redéfinir le découpage de la ville, à créer les conseils de secteur, les commissions de quartier et de nouvelles instances spécifiques (voir encadré). Mais quatre mois après, qu’en est-il de la mise en œuvre ? La démocratie participative est-elle réellement en marche ?

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Première commission de quartier pour les habitants de la Croix de Pierre

Jeudi 12 mars. La nuit a déjà pris d’assaut la ville rose quand la salle Lafage ouvre ses portes pour la commission de quartier Croix de Pierre, route d’Espagne. Mais si la tenue de cette réunion ne relève pas de l’innovation, la présence des citoyens, elle, apparaît bien comme une première. Pour l’occasion, une cinquantaine d’habitants, curieux et attentifs, se massent face à François Briançon et Dominique Py, les élus du quartier. A leurs côtés, Nicolas Tissot, adjoint du secteur Toulouse-Rive Gauche ouvre la séance par une affirmation forte : « Notre volonté est d’être plus proche des citoyens, à l’écoute des besoins et des envies de chacun ».

Une entrée en matière appelant un rappel sur le dispositif de concertation, aménagé autour du nouveau découpage de Toulouse. La ville est désormais composée de six grands secteurs et de 22 quartiers, à l’origine de « deux niveaux de discussion entre élus et habitants ».

Une démocratie participative à deux niveaux

A l’échelle des secteurs, la municipalité a mis en place des conseils comptant 60 à 80 membres répartis en quatre groupements : le collège économie-recherche, les collèges des élus et des associations de quartier, un collège d’habitants tirés au sort sur les listes électorales. Sur ce dernier point, l’adjoint du secteur insiste : « Nous chercherons à avoir 50% de moins de 26 ans. Nous voulons forcer leur représentativité ».

Côté quartiers, les commissions doivent se tenir au moins deux fois par an. Elles sont ouvertes à tous et organisées par un bureau de huit à douze personnes intégrant les élus. Mandaté pour deux ans, le bureau se voit attribuer la responsabilité d’arrêter l’ordre du jour et peut prendre l’initiative de former des groupes de travail autour de thématiques spécifiques. Pour ce faire, l’identification des sujets prioritaires dans le quartier s’avère essentielle. Une tâche à laquelle s’est d’ores et déjà attelée l’assemblée de la salle Lafage.

« Etre écouté, c’est un réel progrès »

Tour à tour, les mains se lèvent et les revendications, questions et autres propositions fusent. La propreté, la sécurité et la circulation cristallisent toutes les attentions. « On va peut-être commencer à donner des réponses. Parce qu’on en a une bonne tartine », coupe Nicolas Tissot. A l’évocation de certains sujets épineux, la tension prend cependant le pas sur les rires et le ton monte : « Vous manquez de volontarisme », lance un habitant sans détour.

Nul ne pourra en douter, le dialogue s’est bien instauré ! Mais pour les élus, l’accent doit avant tout être mis sur le fruit de cette concertation : « la prochaine commission devra moins ressembler à un échange de ping-pong entre élus et habitants qu’à une présentation du travail réalisé ensemble », affirme encore Nicolas Tissot. Une attente partagée dans les rangs des habitants.

Car si les voix s’accordent pour saluer l’initiative de la municipalité socialiste, la prudence reste de mise concernant les actions à venir : « La population a plus le droit à la parole. C’est un réel progrès. Avant, tout était déjà fait à l’avance. Seulement, le débat c’est bien mais il faut en tirer du concret. Je souhaite vivement que ce dialogue apporte quelque chose », conclut Christiane Fontanari, présidente du comité de quartier, qui attend maintenant de rentrer dans le vif du sujet.

Manon Dampierre