La chasse aux casseurs est ouverte
Publié le : 23 novembre 2010Après des mois de contestation sociale contre la réforme des retraites, place maintenant aux traditionnels passages devant la justice de certains protagonistes, les fameux “casseurs” qui intéressent tant les médias traditionnels en quête d’images ou de photos chocs d’un conflit social dont ils peinent tant à comprendre et à analyser le fond.
Ainsi, Fabien Philipoff, étudiant lyonnais de 22 ans en licence de Sciences Politiques, a été condamné le 10 novembre par le tribunal de Lyon à douze mois de prison, dont six avec sursis. Sanction encore trop laxiste pour la justice qui lui rajoute deux mois supplémentaires de prison ferme pour avoir refusé de se soumettre aux traditionnels tests ADN. “Authentique casseur” pour le procureur de la République dans son réquisitoire, “un gosse de 22 ans” pour son avocat, le jeune homme n’aura pas bénéficié de la clémence de la justice.
Idem pour Soumaya, lycéenne de 18 ans. Le 19 octobre dernier, elle met le feu aux poubelles de son lycée à Villeurbanne avec d’autres lycéens en lutte pour former une barricade. Verdict de la comparution immédiate : six mois de prison dont cinq avec sursis. Qu’importe l’argument de ses bonnes notes scolaires (14,5 de moyenne générale) ! La sanction est même jugée trop faible par le Parquet qui fait appel, réclamant six mois ferme.
Lundi 15 novembre, Denis Parise, ancien délégué CGT de Molex, était convoqué au commissariat de Toulouse. On lui reproche d’avoir retenu avec d’autres collègues, pendant 26 heures dans leurs bureaux, deux dirigeants de l’usine de Villemur-sur-Tarn le 20 et 21 avril 2009. Les salariés venaient d’apprendre l’ouverture d’un nouveau site Molex aux Etats-Unis, utilisant les mêmes outillages que ceux développés en France. Une confirmation de la fermeture définitive de leur entreprise. On attend avec impatience le reportage de TF1 sur ces “patrons-casseurs”…


