La Fabrique du Mirail et l’esprit de Warhol
Publié le : 2 novembre 2010L’ombre de la Factory de Warhol plane sur la Fabrique du Mirail, infrastructure inédite sur un campus.
La Fabrique du Mirail est un bâtiment unique en Europe. Situé dans l’enceinte même de l’Université du Mirail, il consacre ses 2500m² à l’art contemporain et aux pratiques culturelles. Les étudiants, les professeurs mais aussi les professionnels et les habitants du quartier peuvent profiter de cette infrastructure inédite sur un campus.
Grâce à son inauguration à la rentrée dernière, le Centre d’Initiatives Artistiques du Mirail (CIAM) a trouvé un nouvel écrin pour développer ses activités et donner des couleurs à l’Université toulousaine. La culture bouillonne au coeur de cette usine artistique et l’on est tenté de rapprocher la Fabrique du Mirail de la Factory d’Andy Warhol. Créée en 1964 à New-York, cet atelier pop’art accueillait artistes et amateurs, célébrités et anonymes.
La Fabrique n’a ni l’aura mondiale de la Factory et ne partage pas non plus son caractère décadent. Pourtant son nom résonne et nous renvoie à l’initiative de Warhol. Existe-t-il alors une analogie autre que sémantique entre la Fabrique « universitaire » du Mirail et la Factory résolument « underground » de Warhol ?
Un atelier pluridisciplinaire
Le loft de Warhol permettait à l’artiste et à ses acolytes Superstars [1] de jouir d’une galerie d’exposition, d’un studio de tournage, d’une salle de projection, d’une salle de concert et d’une boîte de nuit. Chacun pouvait ainsi produire, selon ses spécialités.
La Fabrique du Mirail n’a pas à rougir de ses équipements. Au rez-de-chaussée, une galerie d’art expose les œuvres d’artistes professionnels. Le bâtiment propose également une salle de spectacle d’une capacité de 170 spectateurs et une librairie généraliste ouverte à tous. Au deuxième étage, trois salles de musique (une pour la voix, deux pour les instruments) reliées par une régie, un studio de danse et une salle de répétition pour le théâtre s’ouvrent aux étudiants. Enfin, une grande galerie de 25m de long et 7m de large est consacrée aux travaux de débutants et d’artistes amateurs.
Un rythme industriel
Installé dans le bâtiment depuis septembre 2009, le CIAM participe également à la vie et au rayonnement de la Fabrique. Et le rythme de ses initiatives est soutenu. A chaque jour, son activité : séance de cinéma le lundi, concert le mardi, danse le mercredi, théâtre le jeudi. S’ajoutent à cela les formations aux pratiques amateurs proposées par le centre et l’accueil d’artistes sur le campus autour de montages de projets culturels.
On retrouve ici un peu de l’esprit de la Factory. Produire sans cesse des événements, créer jour et nuit, sérigraphier à l’infini. La Fabrique comme la Factory vise à faire de la création non pas un événement ponctuel mais une donnée constante de la vie du campus.
Une Fabrique sans Warhol
En dépit d’une organisation collectiviste, la Factory n’était rien sans Warhol. A l’origine de sa création, son nom était associé à chacune des productions qui en sortaient. Les Superstars ne connurent plus jamais la renommée acquise au sein du loft. En réalité, cinéastes, musiciens et plasticiens de la Factory œuvraient sous un même nom : Andy Warhol, artiste collectif.
La place des artistes à la Fabrique est tout autre. Qu’ils soient professionnels ou amateurs, ce sont eux qui l’animent. Sans eux, la Fabrique serait une coquille vide.
Si l’on entrait anonyme dans la Factory, on en sortait Superstar. Souhaitons aux artistes émergents qui font vivre la Fabrique qu’elle tienne de pareilles promesses.

- Warhol et ses Superstars au coeur de la Factory de New-York. DR
[1] C’est ainsi que Warhol appelait ses acolytes de l’atelier.




