L’édition en Midi-Pyrénées : régionale ou régionaliste ?

17 novembre 2009

Seules les régions Midi-Pyrénées, Aquitaine et Rhône-Alpes se sont investies massivement dans l’édition régionale, faisant face aux maisons parisiennes, encore prédominantes en la matière. La région Midi-Pyrénées est celle qui comprend le plus, en France, de librairies et d’éditeurs. Parmi toutes les maisons d’édition de la région, seules 9 affichent un chiffre d’affaire supérieur à 800 000 euros, comme les Editions Privat et les Editions Milan. On constate donc une présence massive de toutes petites maisons d’édition, peinant à se faire un nom. Il est en effet difficile pour celles-ci de dépasser leur condition régionale pour se vendre loin au nord de la Garonne.

Comme l’explique Philippe Terrancle, directeur de Privat, il est plus aisé de vendre un ouvrage sur Luchon dans la ville concernée, plutôt qu’à Paris, ou dans le reste de la France. La doyenne des maisons toulousaines, qui vient de fêter en 2009 ses 170 ans, fait partie de celles qui développent avec succès un catalogue généraliste, tout en restant ancrée dans le régional. Figurent au catalogue,aussi bien des ouvrages sur l’aérospatiale, l’armagnac, le rugby, les Pyrénées, que des livres sur l’histoire de la loi ou sur le génocide arménien, des ouvrages traitant de santé, ou encore, de nombreux « beaux livres » illustrés.

Un équilibre entre l’universel et le local

Selon Philippe Terrancle, la maison fondée par Edouard Privat en 1839 s’efforce de garder « un équilibre délicat à mettre en place entre l’universel et le local ». Il s’agit aujourd’hui d’un « nouveau régionalisme » qui, tout en traitant de thématiques régionales, étend néanmoins ses productions à des thèmes susceptibles d’intéresser n’importe quelle personne vivant à Brest, Paris, Marseille ou Dijon. Parfois, un sujet qui prend son essor dans le local se retrouve être une thématique abordée partout ailleurs, c’est le cas pour les nombreux ouvrages consacrés à Jean Jaurès publiés chez Privat.

"Editeur régionaliste" ou "éditeur en région" ?

Cependant, toutes les entreprises d’édition ne peuvent pas encore se permettre d’adopter cette posture. Si les éditions Privat ont pour diffuseur la Sofedis, une des plus grandes sociétés de diffusion, la plupart des petits éditeurs éprouvent des difficultés à se faire connaître par d’éventuels acheteurs. En effet, trouver un diffuseur est tâche ardue pour une maison qui démarre, a fortiori si elle est régionale et axée sur le local.

Ce fut le cas à ses débuts pour Jérôme Poitte, directeur des éditions Reg’art, un Parisien qui a déménagé à Albi au début des années 2000. Constatant l’absence d’ouvrage photographique évoquant sa nouvelle ville d’adoption, il s’attaqua à sa réalisation d’un livre évoquant la vie, le quotidien à Albi. Par nécessité, il a fini par s’adresser au directeur de la Poste locale, qui proposait à la vente quelques ouvrages sur la région. Son premier distributeur fut donc l’une des plus grandes entreprises publiques. Depuis, cette petite maison d’édition a édité quelques ouvrages en littérature pour enfants, mais aussi pour adultes, dispose d’une collection « Patrimoine et Territoires », pour l’aspect régional, mais aussi d’une collection « Eveil de la mémoire » où figurent divers reportages historiques, comme « La bataille de la Somme ». Tout comme Philippe Terrancle, Jérôme Poitte refuse d’être considéré comme étant un éditeur régionaliste, lui préférant un statut d’« éditeur en région ».

Malgré les obstacles, ces petits éditeurs demeurent passionnés et attentifs à la qualité du contenu de leurs ouvrages. Qu’il s’agisse de sciences humaines, d’histoire, de littérature, de patrimoine régional, de poésie, de livres d’artistes, le lecteur ne pouvait que trouver son bonheur lors de cette édition 2009 du salon du Livre. S’il est vrai que le « régionalisme » a pris toute sa place, par exemple avec la maison d’édition occitane Letras d’Oc, de nombreux éditeurs préfèrent éviter ce terme, à connotation passéiste, pour se concentrer sur l’avenir : le livre numérique.

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