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Journée de l’Accessibilité : les bénévoles dans la peau d’handicapés

Publié le : 13 octobre 2011

Samedi 8 octobre a eu lieu dans une vingtaine de villes en France la première Journée nationale de l’Accessibilité. L’occasion de sensibiliser commerçants et grand public aux difficultés d’accès que rencontrent les personnes à mobilité réduite.

Depuis 2007, l’association « J’accède » organise des Journées d’accessibilité. Daniel Birambeau créé ces Journées après un voyage aux États-Unis où il constate que les conditions d’accès sont meilleures qu’en France. La mobilité réduite concerne pourtant un quart de la population française : handicapés, mais aussi certains seniors, parents avec une poussette, femmes enceintes…

La loi Handicap de 2005 affirmait pourtant le principe d’une accessibilité pour ces personnes à tous les domaines de la vie sociale d’ici 2015. Les enjeux sont en effet multiples : accès à l’éducation, aux transports, à la culture, aux loisirs, à la consommation… L’accessibilité concerne aussi les personnes à mobilité non-réduite. Selon les pouvoirs publics, "la société, en s’inscrivant dans cette démarche d’accessibilité, fait progresser également la qualité de vie de tous ses membres".

Recenser et sensibiliser

Dans la salle Barcelone, Odile Maurin, présidente de l’association Handi-Social et organisatrice de la Journée à Toulouse, elle-même en fauteuil roulant, donne les consignes aux bénévoles venus nombreux. Il s’agit de "mettre en avant ceux qui font le plus d’efforts". Le but de l’opération n’est donc pas de stigmatiser les commerçants, mais de valoriser les bons élèves. "L’objectif est de recenser les bonnes adresses accessibles pour les faire figurer dans le site en ligne et sensibiliser les commerçants et de valoriser ceux qui rendent leur commerce accessible", explique Odile Maurin. Quelques 18 000 établissements recensés ont déjà été recensés sur le site www.jaccede.com, sorte de guide collaboratif. "Le but, c’est qu’au-delà de ses journées les gens aient le réflexe d’aller inscrire des lieux", ajoute-t-elle.

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Capture d’écran du site www.jaccede.com

Les bénévoles ont pour mission de passer au crible les commerces de la rue qui leur est dévolue : largeur de la porte d’entrée, toilettes, boucles magnétiques, accueil… Les bonnes adresses sont ensuite recensées sur le site. Beaucoup de jeunes ont répondu à l’appel. Daphné (25 ans), Fatima (20 ans) et Céline (23 ans) sont chargées d’inspecter la rue des Lois. Le kit « Jaccede » leur permet de donner une note à chaque lieu.

Parcours du combattant et accueil nuancé des commerçants

Pourquoi avoir choisi de participer ? "C’est comme des personnes âgées, on sait qu’elles sont là, mais on ne prend pas forcément soin d’elles", remarque Céline. Elle s’est glissée dans la peau d’une handicapée, en s’asseyant dans un fauteuil roulant. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la rue des Lois est un parcours du combattant pour les personnes à mobilité réduite. Dès les premiers mètres, les obstacles surgissent : la hauteur des trottoirs et les vélos et scooters garés sur le trottoir. Quant aux réactions des commerçants, elles vont de la compréhension, à la surprise, en passant par une certaine indifférence.

Les cafés, magasins de disques, salons de thé, kebabs de la rue des Lois : presque tous sont inaccessibles de par la présence d’une grande marche à l’entrée. Un des établissements qui récolte un 10/10 est un magasin d’optique. Le gérant, Philippe Roncalli, affirme que "par rapport à la Sécu on a des règles à respecter car c’est accessible à des assurés sociaux". Cependant, l’examen de vue se passe à l’étage, examen pour lequel il est selon lui "très compliqué de créer une accessibilité comme chez les ophtalmologistes, mais si c’était quelque chose de systématique ce serait organisé pour que ce soit accessible". Il se dit concerné par la Journée : "il faut que les gens soient sensibilisés (…). C’est du civisme tout simplement". Plus jeune, il a encadré des handicapés, et a déjà constaté une "incivilité importante".

Autre établissement, non accessible cette fois : un salon de thé. Dès l’entrée les deux hautes marches empêchent le passage d’un fauteuil. La gérante, Dominique Benoît, se souvient pourtant d’avoir contacté la Commission des Handicapés lors des négociations pour acquérir son salon. Cette Commission lui a répondu que l’établissement était trop vieux pour que des travaux d’aménagement soient engagés, d’autant que la largeur du trottoir n’est même pas aux normes (au moins 1m40). De nombreux efforts restent donc à faire « pour que chacun trouve sa place », comme le dit le slogan de la loi Handicap.

Une application Jaccede Mobile est aussi disponible (à télécharger sur l’App Store, ou Android Market et prochainement Blackberry). Pour plus d’informations et pour consulter le guide pratique : www.jaccede.com

Manon Quinti