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Jean d’Ormesson : "Rien ne remplace la jeunesse !"

Publié le : 23 novembre 2010

C’est un des octogénaires français les plus connus et reconnus. Pensionnaire de l’Académie Française depuis 1973, Jean d’Ormesson a publié cette année un nouveau roman : C’est une chose étrange à la fin que le monde. Cet agnostique y glisse à la dernière page que les hommes doivent penser comme si Dieu existait, mais agir comme s’il n’existait pas. « Je ne sais pas si Dieu existe, mais ce qui est sûr c’est que c’est aux hommes de régler les problèmes qui nous touchent. Ce n’est pas Dieu qui règlera le problème des retraites ni celui de l’égalité entre les hommes et les femmes ». Une maxime pour les jeunes ? L’écrivain sourit « Je ne peux pas vous jurez que les jeunes liront mes maximes et qu’on les répandra dans les manifestations étudiantes... Je ne le crois pas ».

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Jean d’Ormesson

Jean d’Ormesson ne veut pas tomber dans la démagogie pro-jeunes, mais ne lui faites pas dire qu’il « croit à ces balivernes de l’expérience, des vieux qui sont sages... Rien ne remplace la jeunesse ! » La jeunesse, voilà le maitre mot de cet homme de 85 ans, vif et pétillant, passionné et passionnant. Le seul académicien a avoir son rock club ! (The Jean D’Ormesson Disco Suicide) Depuis quelques années en effet, il a vu son public rajeunir : « Avant, quand je croisais de jeunes gens, ils me disaient ma mère vous admire ; avec le temps c’est devenu ma grand-mère voire mon arrière grand-mère vous admire. Mais aujourd’hui je rencontre aussi des gens qui me disent mon petit-fils vous aime beaucoup. Forcément, cela me réjouit. L’avenir d’un écrivain, c’est les jeunes ». L’avenir, une obsession, car « c’est quand on commence à gérer son passé que l’on devient gâteux ».

Gâteux, l’adjectif n’est certainement pas adapté à celui qui dit être un enfant de mai, pas de 1968 mais de 1940. « Ce mois-là, tout s’est écroulé, il n’y avait plus d’espérance. C’était une catastrophe monumentale et tout ce qui se passe maintenant me paraît moins grave que cette époque-là ». Le XXè siècle qu’il a traversé fut tragique. Pour autant, avoir 20 ans aujourd’hui ne lui semble pas plus facile, loin de là. Il fait sien le mot de Paul Nizan : « je ne permettrai à personne de dire que 20 ans est le plus bel âge de la vie ». Mais après un sourire espiègle, le voilà qui nous rassure : « la vie, c’est comme le mariage, c’est quarante mauvaises années à passer, ensuite, ça va tout seul. Quand vous avez 20 ans vous êtes désespéré, le suicide vous tente, après ça va beaucoup mieux... et vous mourrez ! »

Céline Landreau