Les étudiants et leur santé
J’ai testé pour vous : le centre de dépistage de La Grave
Publié le : 4 octobre 2010Tous en ont déjà entendu parler, mais peu d’étudiants l’ont testé. Reportage au centre de dépistage de La Grave.
L’endroit a quelque chose de surréaliste. Passé le porche d’entrée de La Grave, dans la cour entourée des murs de briques rouges de l’hôpital du XVIIe siècle, on s’attend davantage à visiter un monument historique qu’à se faire prélever du sang en vue d’un dépistage VIH. Pourtant, passée la porte vitrée sur laquelle est imprimé en noir sur une feuille A4 « C.D.A.G. » (Centre de dépistage anonyme et gratuit), le visiteur se trouve immédiatement dans l’ambiance.
Certes, une plante verte a été placée dans la salle d’attente, sans doute avec l’espoir de donner un peu d’âme au lieu, mais rien n’y fait. L’odeur du détergent fraîchement utilisé, les affiches et flyers de prévention avec leurs préservatifs géants et la froideur des murs jaunes pâles, ne laissent planer aucun doute : le C.D.A.G. de La Grave est bien dans l’hôpital. Ce constat fait, il ne faut pas être très hypocondriaque pour sentir l’angoisse monter.
Diagnostic
Première étape, une profonde respiration plus tard, s’adresser à l’accueil pour obtenir un enregistrement. Paradoxal pour un centre de dépistage anonyme ? Pas tout à fait, car une date de naissance et les trois premières lettres des noms et prénoms suffisent. Le patient devient alors un numéro et un code-barre impossibles à rattacher à son porteur.
Un regard en direction d’autres patients ne rassurera personne. Si certains viennent en couples ou entre amis, les visages sont pour la plupart fermés et beaucoup visiblement mal à l’aise. Mais à peine le temps de répondre à un formulaire visant à orienter le médecin que celui-ci débarque et accompagne le patient à huis clos, pour une petite discussion. Dans le registre sexuel, le questionnaire reste évasif, se bornant à demander le nombre de rapports masculin ou féminin dans les 12 derniers mois (façon élégante de savoir s’il a affaire ou non à une personne hétérosexuelle). L’entretien avec le médecin, en revanche, est beaucoup plus cru. Celui-ci veut tout savoir dans ce domaine, du nombre de relations jusqu’aux pratiques les plus intimes. Mais surprise, pas de moralisation. Il se limite à rappeler les règles en matière de prévention. De ce bilan sont censés émerger les types de test à mettre en place. Ce sera VIH et syphilis.
Résultat VIH en 48h
Quelques minutes en plus d’attente, et c’est une infirmière qui prend le relais. De ses mains expertes, elle prélève deux éprouvettes de sang en vue de l’analyse. Histoire de mettre le patient à l’aise, elle discute d’un ton détendu avec lui. Du coup, cela ne fait même pas mal.
En 25 minutes, le processus est achevé et voilà le patient qui ressort avec un pansement sur le bras et un code-barre en main. Celui-ci lui permettra de récupérer les résultats. Compter 48 heures pour le VIH et 72 heures pour les autres tests. Il est possible de récupérer un test à la fois. Pour accélérer la procédure, le C.D.A.G. propose de prendre un rendez-vous, mais la majorité des patients ce jour-là avaient choisi l’option la plus directe.
Le C.D.A.G de La Grave est ouvert du lundi au jeudi de 9h à 18h, le vendredi de 9h à 15h et le mardi soir uniquement sur rendez-vous de 18h à 21h.


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