La course au logement
Les marchands de listes sous surveillance
Publié le : 19 octobre 2010Les marchands de listes apparaissent à la fin des années 70. Ces agences immobilières, pas comme les autres, permettent à un client d’accéder à une liste de logements en échange d’une somme d’argent. Un concept à l’origine attrayant qui connaît aujourd’hui certaines limites du fait de la multiplication des arnaques faites aux clients.
Le principe est simple et l’offre plutôt alléchante car moins coûteuse que celle d’une agence immobilière traditionnelle. Le client a accès à une liste de locations potentielles en échange d’un versement de 150 à 250 euros en moyenne. Il doit contacter lui-même les propriétaires dont les coordonnées figurent sur ladite liste. Il prend alors les rendez-vous, visite les biens et s’occupe des formalités. Aussi, contrairement aux agences immobilières traditionnelles, les marchands de listes ne participent pas à la transaction et ne sont que les intermédiaires entre le client et le propriétaire. Le but de ces professionnels n’est pas de trouver un logement au client mais de l’aider à en trouver un.
Ainsi, « acheter » une liste de logements paraît être une solution idéale pour bon nombre d’étudiants qui, bien souvent, cherchent un appartement dans l’urgence. Et pourtant, …
Des pratiques parfois frauduleuses
Les premières victimes de ces marchands de listes sont les étudiants. Ils représentent les cibles idéales pour ces professionnels car ils sont généralement plus pressés et moins méfiants qu’un client ordinaire. Pourtant, le logement constitue leur premier poste de dépense, avec plus de 50% de leur budget en moyenne.
Une enquête de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) menée début septembre, a révélé deux types d’infractions. D’une part, les vendeurs donnaient des listes d’appartements déjà loués, c’est-à-dire des annonces périmées. D’autre part, certains marchands de listes faisaient payer d’avance dès la signature de la convention, avant même de montrer la liste au client.
Les réponses du gouvernement
Depuis le 11 octobre dernier, le gouvernement a entamé des contrôles ciblés sur les marchands de listes. Benoist Apparu, secrétaire d’Etat chargé du Logement, et Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, ont répondu aux revendications de la Confédération étudiante qui dénonçait les escroqueries des marchands de listes.
Juridiquement, les marchands de listes sont pourtant déjà encadrés par l’ordonnance du 1er juillet 2004 et la loi du 3 juillet 2004 qui leur imposaient de fournir des coordonnées de propriétaires de logements à louer avant de percevoir de l’argent. En revanche, ils n’avaient pas obligation de résultat. Depuis le 11 octobre, les enquêteurs vérifient qu’aucune rémunération n’est exigée avant que les biens figurant sur ces listes soient effectivement disponibles, et que leurs caractéristiques correspondent bien aux mentions figurant dans les annonces.


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