Le Sud-Ouest à l’heure des élections européennes

Grâce aux jeunes, Toulouse se rapproche de l’Europe

Les 21 et 22 mars derniers, Toulouse a accueilli pour la première fois une session régionale du Parlement Européen des Jeunes (PEJ). Aurélien Mazuy, étudiant à l’IEP en quatrième année, est à l’initiative du comité régional Midi-Pyrénées, crée en octobre dernier et chargé de l’organisation de cet événement.

A l’échelle européenne, 32 pays sont partie intégrante du Parlement Européen des Jeunes. Cette organisation apolitique internationale souhaite promouvoir la citoyenneté européenne et susciter l’attrait des jeunes pour l’Europe. La section nationale française, créée en 1994, dispose du plus grand nombre de comités régionaux, les plus dynamiques en la matière. Voilà plus de six ans que le premier comité régional du PEJ a été crée en Rhône-Alpes. Sept autres ont suivi et plus d’une cinquantaine de clubs sur l’Europe ont été crées par des étudiants de la France entière.

Et pourtant, constat étonnant, aucun groupe, aucun club en Haute-Garonne, avant la création du comité Midi-Pyrénées en octobre dernier. Les étudiants toulousains boudent-ils l’Europe ? Pour Aurélien Mazuy, président du comité Midi-Pyrénées : « Il y a un petit réseau d’associations et de personnes tournées vers l’Europe à Toulouse mais il faut bien avouer qu’il est assez restreint et qu’à part la Maison de l’Europe, ces structures sont peu nombreuses. »

Surprenant paradoxe, alors que Toulouse est très proche de l’Espagne, aussi bien géographiquement que culturellement, très peu d’organismes sur l’Europe ont réussi à s’implanter dans le Sud-Ouest. Le comité tente pourtant de favoriser la création de nouveaux clubs. Aurélien Mazuy compte bien profiter de la semaine de l’Europe du 4 au 9 mai prochains pour « rencontrer les acteurs de la vie toulousaine attachés à l’Europe et dynamiser la région. »

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La session à eu lieu dans l’amphi Bodin de l’IEP. Crédit photo : Flavia Coussy

L’aboutissement d’un long projet

Depuis le mois d’octobre, les dix membres du comité Midi-Pyrénées préparent activement cette session régionale. Pour Aurélien Mazuy, l’organisation n’a pas été de tout repos : « C’est très prenant comme projet. Il faut être prêt à s’investir réellement pour préparer un tel événement. » Le projet a cependant pu compter sur l’aide de l’IEP. Flavia Coussy, secrétaire du comité, précise que « c’est principalement grâce au Fond de Solidarité et de Développement des Initiatives Etudiantes que cet événement a pu voir le jour et l’établissement nous a aussi prêté ses locaux. » Le comité a également reçu le soutien de la mairie, dans laquelle s’est tenue la cérémonie d’ouverture, samedi dernier. Après une longue campagne de communication, mêlant affiches, tracts et mails, plusieurs étudiants ont répondu présents, dont de nombreux étudiants ERASMUS, particulièrement intéressés par les thématiques européennes. La session s’est d’ailleurs tenue en français et en anglais pour que tous les étudiants puissent participer. Elle était organisée aux thèmes de travail ouverts et variés : affaires étrangères, culture, recherche, ainsi que affaires constitutionnelles. Dimanche, chaque commission a présenté, aux autres groupes, son manifeste sur le thème traité, laissant la place aux débats.

Des effectifs restreints pour la première session

Une vingtaine de participants s’est prêtée à ce jeu de rôle d’un nouveau genre pour Toulouse. Si ces sessions ont investi les amphis de l’IEP, transformés pour l’occasion en tribune d’expression et de stimulation des esprits européens, Aurélien Mazuy ne cache pas sa déception quant à cet effectif restreint. « Proportionnellement, la participation des étudiants de l’IEP n’est pas la plus faible. Cela illustre pourtant un désintérêt général pour l’Europe, et c’est dommage dans un établissement comme le nôtre, que peu de monde se sente concerné par ces questions ». Flavia Coussy acquiesce.

Mais finalement, l’objectif est de susciter des intérêts nouveaux pour l’Europe et de sensibiliser des PEJistes décidés à pérenniser la tenue de prochaines sessions en Midi-Pyrénées. Alors pour la jeune femme, « l’effectif est peut-être faible pour la première session, mais au moins, nous savons que si les personnes sont là, c’est qu’elles se sentent vraiment impliquées ». Ce brainstorming européen est pourtant à prendre au sérieux. Les amendements proposés par les jeunes, lors des sessions parlementaires nationales, portent en effet leurs fruits. L’exemple le plus représentatif d’un travail émanant du PEJ, s’incarne dans le manuel franco-allemand d’histoire diffusé dans les lycées.

L’année 2009 est placée sous le signe de la créativité et de l’innovation. Dans ces conditions, les manifestes proposés à Toulouse pourraient être porteurs de projets à l’échelle européenne. Anne Laperrouze, député européenne (Modem-Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe), présente à la clôture du Parlement en sera le relai auprès des instances officielles. Elle a souligné la motivation des participants en les félicitant d’avoir consacré un week-end entier à l’Europe. « On ne peut qu’encourager une telle démarche. L’Europe nécessite l’implication des citoyens, les jeunes générations seront les futurs décideurs européens » affirme la femme politique en campagne pour sa réélection en juin prochain.

Lucie Dupin, Mélanie Tournadre