Google, l’empereur du web, à l’étroit sur la toile
Les nouvelles technologies encouragent les monopoles. Ce n’est sans doute pas un scoop, mais force est de constater que cette tendance se confirme toujours. Il y avait depuis plus de vingt ans Microsoft et ses parts de marché digne d’une élection présidentielle en RDA, voilà que Google devient un acteur incontournable du web. À tel point qu’en anglais, il existe un verbe « to google » qui signifie « faire une recherche sur Google ».
Depuis sa création en 1999, Google n’a cessé de s’étendre à de nouveaux espaces sur le web. Et veut aller encore plus loin. Google Livres, Google Actualités, Google Chrome, Google Mail, Blogger, YouTube… Impossible de résister au géant du web tant il est omniprésent sur la toile. Un petit tour sur la page des services proposés par Google, pas moins de 34 apparaissent, et encore ils ne sont pas tous listés.
En 1996, à l’université de Standford où ils poursuivaient leurs études, Larry Page et Sergey Brin étaient bien loin de s’imaginer que l’algorithme qu’ils étaient en train de mettre au point révolutionnerait à ce point la face du web. Pourtant, quatorze ans plus tard, le résultat est là. Ils sont même parvenus à détrôner les géants de l’époque Yahoo et AltaVista, qui trustaient à eux deux la totalité des requêtes sur le web.
Une stratégie de diversification payante
Seulement, développer un algorithme de recherche performant est une chose, dominer le web en est une autre. C’est ici qu’entre en scène un troisième acteur clé de l’histoire de Google : Eric Schmidt. Nommé en 2001 PDG, il fera de la start-up montante une des entreprises les plus puissantes du monde avec un chiffre d’affaires de 30 milliards de dollars en 2009. Pour arriver à ce résultat, sa stratégie est simple, mais diablement efficace. Racheter des sociétés ou créer des activités complémentaires à leur service de base. L’objectif que s’est fixé la société « organiser l’information à l’échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile ». Un service de mail, un serveur de vidéos en streaming… C’est ainsi que la firme de Mountain View s’est petit à petit constitué son empire.
Au-delà du web
Sauf qu’aujourd’hui il semble que pour Google le web n’est plus assez grand. La firme se développe dans de nombreux autres domaines d’activités. C’est ainsi qu’au début de l’année elle a dévoilé son propre système d’exploitation destiné à concurrencer Microsoft sur le marché des Netbooks. Quelques mois plus tard, sortait son propre navigateur web Chrome. Avec Google Energy, lancé en décembre 2009 : Google compte même devenir marchand d’électricité !
Mais c’est résolument dans le domaine du livre que le géant fait le plus débat. Et la condamnation en France de la firme à payer 300 000 € de dommages et intérêts au titre de la violation des droits d’auteurs dans ce domaine n’a rien changé. Google continue à numériser en masse. D’ailleurs, Jean-Noël Jeanneney l’actuel patron de la BNF a déjà annoncé qu’il est en faveur d’ « une alliance exigeante » avec le géant américain pour la numérisation de son font documentaire. Exigeante, mais une alliance quand même. Google possédera alors une partie importante du fonds documentaire français.


