Foot et violence, une histoire sans fin ?

Le 29 septembre dernier, Brice Taton, un supporter du TFC, a succombé à ses blessures. Il avait été agressé en Serbie en marge de la rencontre de Coupe de l’UEFA opposant Toulouse au Partizan de Belgrade. Ce tragique événement a relancé le débat sur la violence dans le football et sur les moyens de l’endiguer.

Le problème de la violence dans les stades est récurrent. Cela fait de nombreuses années maintenant que des hooligans sévissent dans les stades d’Europe et c’est un phénomène qui ne semble pas près de disparaître. Le hooliganisme est apparu aux yeux du grand public le 29 mai 1985 à Bruxelles avec le drame du Heysel. Lors de cette finale de la Coupe d’Europe des clubs champions, des supporters de Liverpool avaient sauvagement attaqué des fans de la Juventus de Turin, provoquant une bousculade qui a eu pour lourd bilan 39 morts et plus de 600 blessés.

Depuis, les autorités nationales et internationales du football ainsi que les gouvernements ont tenté de mettre en place des mesures afin d’empêcher ce type de débordement ultra-violent. Mais le décès tragique de Brice Taton à Belgrade rappelle que le hooliganisme et les affrontements entre supporters sont toujours fréquents. D’autant que dans certains pays étrangers, les mesures sont parfois insuffisantes ou inefficaces.

En France, en 2006, la loi sur la Sécurité intérieure proposée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, prévoyait que les fans les plus agités soient interdits de stade et que les associations de supporters les plus durs soient dissoutes. De plus, d’importants systèmes de vidéosurveillance ont été installés dans les stades afin de cibler les fauteurs de troubles.

Mais en dépit de ces dispositions, la violence dans les stades, verbale ou physique, perdure. Le 30 septembre dernier, Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, a donc proposé un nouveau plan de lutte, avec la création d’une « Division nationale de lutte contre le hooliganisme », rattachée à la Direction centrale de la sécurité publique. Ce service de police spécialisé aura pour mission de cibler les meneurs, et de « coordonner les renseignements » avec les clubs. Des équipes seront chargées, lors des matches à risque, de prévenir tout danger aux abords des stades et à l’intérieur.

Un bilan mitigé en Angleterre

L’objectif est d’identifier les leaders et de les couper des groupes de supporters, selon les méthodes appliquées en Grande-Bretagne suite au drame du Heysel et à la mise au ban du football britannique pendant six ans. Or, si l’ambiance dans les stades de Premier League anglaise est devenue plus calme, ce n’est pas le cas dans les divisions inférieures. En effet, ces rencontres moins prestigieuses sont désormais le théâtre de heurts violents entre différents groupes de supporters qui peuvent s’affronter à l’abri des medias et des caméras, comme lors du match de Coupe de la League en Angleterre entre Millwal et West Ham le 25 août dernier.

Alors, est-il possible de venir à bout de cette violence ? Ceux qui sont stigmatisés comme étant des hooligans ne sont pas tous des marginaux mais également des jeunes bien intégrés socialement. Ils trouvent dans les stades un exutoire et une façon de se défouler, cherchant ainsi à se libérer des frustrations qu’ils ressentent dans une société qui leur semble de plus en plus liberticide. Le stade représente pour eux un lieu de liberté quasi absolu et donc idéal pour se défouler. Il n’est pas certain que que le seul renforcement de la répression soit suffisant. Les causes de cette violence, qui n’est pas réservée au football, sont peut-être à relier à un malaise plus profond de notre société.

Charles Beauvais