Etudiant(e)s et déjà parents
Faire garder son enfant, mais à quel prix ?
Publié le : 22 mars 2011La garde d’enfant est un problème récurrent dans toutes les familles. Cette question se pose dans des termes encore plus délicats au sein des foyers composés d’étudiants. Certains ont même envisagé de tout arrêter, faute de moyens. Les crèches universitaires existent, mais les places sont rares.
Sept cent euros par mois. C’est le prix à payer pour faire garder son enfant par une assistante maternelle libérale. Un budget bien au dessus de celui des parents qui n’ont pas encore terminé leurs études.

Inaugurée en septembre 2008, la structure « Upsimômes » est la première crèche universitaire à avoir vu le jour à Toulouse. Elle est financée par la mairie, la MGEN, le Conseil général et la CAF.
Pour y avoir accès, une seule condition est requise : il suffit de faire partie de l’Université Paul-Sabatier. Les enfants sont accueillis dès l’âge de 10 semaines. « Il nous est même arrivé d’accepter des enfants âgés de deux mois, dans des cas d’extrême urgence », explique Laurence Planet, la directrice.
Oui mais voilà, ici comme ailleurs, les places sont rares. Pour une capacité d’accueil de 60 enfants, 40 places sont réservées au personnel de l’Université tandis qu’une vingtaine sont allouées aux étudiants.
Les listes d’attente sont donc longues, et les critères d’attribution prioritaire se multiplient. « Nous devrions revoir ces exigences à l’aune de 2012, en donnant un avantage aux familles monoparentales et à très faibles revenus », précise la directrice.
Alors si l’intention est louable, les moyens sont cependant insuffisants. « Depuis deux ans, nous avons été contraints de refuser 200 demandes », ajoute Laurence Planet. Et l’établissement ne désemplit pas. Depuis le début du mois de janvier, Upsimômes a déjà enregistré une soixantaine d’inscriptions.
Au total, l’Université Paul-Sabatier recense près de 120 étudiants qui sont déjà parents. Même constat à l’Université du Mirail. « Il y a même près de 150 étudiants dans cette situation, alors qu’aucune structure analogue à celle de Paul-Sabatier n’existe actuellement », affirme Arnaud Dolidier, porte parole officiel de l’AGET. Quant à l’Université Toulouse 1 Capitole, elle dénombrerait près de 500 cas, d’après l’Observatoire de la vie étudiante.
Si les crèches universitaires représentent un avantage financier considérable pour les familles, leur permettant de faire garder leurs enfants pour quelques centimes de l’heure, elles s’inscrivent également dans une démarche d’accompagnement à la parentalité. « Les très jeunes parents souffrent souvent d’isolement. C’est notamment le cas des étudiants étrangers qui sont loin de leur famille. Ils ne peuvent pas s’appuyer sur l’aide de leurs parents qui vivent loin. Lorsque l’enfant est malade, nous représentons un relais essentiel pour eux », avance Sylvie Meme, directrice adjointe d’Upsimômes.
Aujourd’hui, seules les villes de Paris, Caen, Lyon et Toulouse bénéficient de crèches universitaires. La première d’entre elles doit son existence à un pédiatre qui a œuvré à sa mise en place dans la capitale, après la Seconde guerre mondiale.


