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L’auberge toulousaine

Un plus pour les campus ?

Publié le : 16 novembre 2010

Véritable atout dans le parcours de l’étudiant, la mobilité académique est plus que jamais incontournable. Les partenariats entre les universités se multiplient et les étudiants sont de plus en plus nombreux à opter pour une année à l’étranger. En dépit de cette démocratisation, les représentations sur le sujet se cantonnent à des réminiscences de l’"Auberge Espagnole" de Klapisch. Si les échanges sont enrichissants pour les étudiants qui y participent, sont-ils tout aussi positifs pour les facultés qui les mettent en place ?

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A l’Université des Sciences Sociales de Toulouse, la mobilité académique se doit d’être un « cursus d’excellence » comme nous l’explique Agnès Tersou, responsable de la mobilité entrante. Et l’exigence paye. Il y a quelques années, la faculté toulousaine a reçu le label qualité de l’agence Erasmus. Forte de cette récompense, l’UT1 continue de s’investir dans des programmes d’échanges. Mais y trouve-t-elle vraiment son compte ?

Un filon lucratif ?

Est-ce parce que la mobilité académique constitue un apport financier conséquent que les facultés s’emploient à la développer ? Pas vraiment. En réalité, les programmes d’échanges coûtent plus aux universités qu’ils ne leur rapportent. Pour accueillir des étudiants étrangers, il est en effet nécessaire d’employer du personnel administratif pour gérer le service, du personnel en charge des relations internationales et des enseignants pour les cours de français.

Dans le cadre du programme Erasmus, l’UT1 reçoit une enveloppe de quelques 7 000 euros de l’Europe. Cette dotation est conçue pour n’être qu’une « aide à la mobilité ». Elle est en partie dédiée à fournir des bourses aux étudiants en échange. Ne pouvant à elle seule financer l’accueil d’étudiants étrangers, elle est complétée par le budget autonome de chaque université.

Des retombées positives

Mais alors, quel est l’intérêt pour une université de s’investir autant dans des programmes d’échanges ? Danièle Cabanis est enseignante chercheuse à l’UT1 . Chaque année, elle aide les nouveaux arrivants à s’inscrire, à trouver un logement et joue le rôle de référent à plein temps pour tous ces étudiants loin de chez eux.

Pour elle, le bon accueil des étrangers au sein du campus « laisse des traces psychologiques positives » qui ont des conséquences dans trois domaines : en donnant une bonne image de la faculté, elles attirent de bons candidats à la mobilité mais aussi des enseignants étrangers et de nouveaux chercheurs. Une vision que partage Agnès Tersou pour qui la mobilité académique a une seule vocation : « Tisser des liens ».

En plus du prestige qu’elle confère à leur site, elle leur permet également de promouvoir l’image de la France à l’étranger. Et au final, les bénéficiaires de ces universités-diplomates, ce sont les étudiants.

Un parcours en danger ?

- Avec la chute du dollar, des partenariats avec les États-Unis ont dû s’interrompre. L’Université de Californie, qui avait deux filières en France, a dû fermer celle de Toulouse au profit de celle de Bordeaux.

- La pratique de moins en moins répandue du français influence l’offre de formation : pour demeurer attractives, les universités françaises doivent proposer de plus en plus de cours en anglais.

- Enfin, il y a une tradition française aux conséquences néfastes sur les échanges avec l’étranger : la grève. L’Université Toulouse 2-Le Mirail, souvent sujette à des blocages, a vu des partenariats se clore suite aux retours négatifs des étudiants.

 

Anna-Lou Brémondy