Cursus de Haut Niveau : les coulisses de l’exploit
Publié le : 9 novembre 2010Jongler entre les études et une carrière de sportif n’est pas une mince affaire. Voilà pourquoi les facultés proposent des cursus aménagés.
Evoluer en haut niveau est un investissement de chaque instant. En dépit de leur carrière chronophage, des centaines de jeunes sportifs choisissent de poursuivre leur cursus universitaire et de le mener à son terme. Alors pour aider ces étudiants, qu’ils soient jeunes espoirs ou champions confirmés, les campus toulousains leurs confectionnent des parcours à leur image.
Un cursus sur mesure
L’emploi du temps d’un jeune sportif de haut niveau est évidemment ponctué d’entrainements et d’échéances sportives incontournables. Pour coller à ce rythme singulier, les universités toulousaines proposent à ces étudiants en pointillés des aménagements leurs permettant de se maintenir à niveau, en cours.
Cours de soutien, contrôles individualisés et accès facilité aux polycopiés sont autant de moyens pour suivre les enseignements de la fac et être évalué en conséquence. Mais pour que ces élèves à part entière ne soient pas marginalisés des salles de classe, ils ont également la possibilité de choisir le groupe de TD qui convient à leurs horaires. La compétition les amène souvent à s’absenter pendant plusieurs semaines des rangs de la faculté. Conscientes de cette réalité, les universités leurs concèdent des dispenses.
Les écoles ne sont pas en reste. Désireuses d’accueillir ce type de profil, elles proposent à leur tour des solutions alternatives pour obtenir leur diplôme. L’Institut National Polytechnique de Toulouse, dont font partie notamment ENSAT et ENSEEIHT, permet par exemple de faire la prépa intégrée en trois plutôt qu’en deux ans.
Un statut sous conditions
Les avantages dont bénéficient les jeunes sportifs laissent leurs camarades rêveurs. Mais il ne s’agit résolument pas de privilèges. L’accès à un cursus aménagé comporte évidemment des exigences. Premièrement, ne peuvent être considérés comme sportifs de haut niveau que les étudiants inscrits sur les listes du ministère de la Jeunesse et des Sports (catégories Elite, Espoir, Jeunes, Partenaires d’entraînement mais aussi Senior), les élèves intégrés sur un Pôle France, Espoir ou le centre de formation d’un club et enfin, les meilleurs sportifs régionaux « ayant un réel potentiel d’accession au haut niveau ». Cette première condition implique que les étudiants candidats au parcours parallèle montrent un investissement effectif dans une carrière sportive incompatible avec la poursuite d’un cursus traditionnel.
Deuxièmement, leur candidature est soumise à une sélection. Les jeunes sportifs devront remplir un dossier d’inscription particulier consultable sur le site des universités, rubrique Sportifs de Haut Niveau, et y joindre une lettre de motivation. Les administrations ne prennent pas ce statut à la légère. Elles demandent à l’élève et à son club de signer un contrat témoignant de sa réelle volonté de s’investir dans ses études et attendent d’eux un comportement exemplaire. Par ailleurs, l’étudiant inscrit dans le parcours de Haut Niveau a l’obligation d’être tutoré par un enseignant qui fera le lien entre le club et la direction des études.
Ce sont donc des privilèges relatifs et bien légitimes qui sont accordés aux jeunes sportifs de haut niveau. Suivre des études supérieures relève souvent pour eux du défi, voire de l’exploit.



