Les étudiants face à l’emploi

Bientôt le bout du tunnel ?

Publié le : 12 octobre 2010

Pour la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, « la France est dans l’après-crise ». Les objectifs de croissance devraient même dépasser les 1,5% prévus en 2010. Suite logique de cette amélioration, l’embauche des jeunes diplômés devrait repartir à la hausse. Mais qu’en est-il réellement en France, à Toulouse, et à l’Institut d’études politiques de cette ville ?

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En France, l’amélioration tarde à se faire sentir

Deux licences de géographie et de sciences politiques, et deux masters en coopération internationale. La formation de Youri Khélifi a été plutôt complète… Et pourtant, impossible de trouver un poste dans son domaine et à la hauteur de ses compétences. Il se contentera aujourd’hui d’un CDI d’animateur et médiateur jeunesse.

Le cas de Youri n’est pas isolé : la dernière étude de l’APEC, l’Agence pour l’emploi des cadres, laisse entendre que même si la crise semble être passée, les effets s’en font encore ressentir. Les étudiants des promotions 2009 se retrouvent en concurrence avec ceux des promotions précédentes, qui peuvent encore être à la recherche d’emploi. Pour aller un peu plus en avant dans la dégradation de la situation, on notera que la part des contrats à durée indéterminée (47%) est en baisse de 7 points par rapport à la promotion de 2008 et de 14 points par rapport à celle de 2007 (61%). 64% de la promotion 2009 était en emploi huit mois après la sortie du système éducatif, contre 68% pour la promotion 2008.

Une nouveauté néanmoins positive pour les diplômés en sciences humaines : ils affichent un taux d’emploi de 65%, soit 7 points de plus que l’an dernier. Psychologie, langues étrangères appliquées, traduction ou documentation sont de plus en plus recherchées par les entreprises.

A Toulouse, les doctorants ne sont pas tous égaux

Selon l’étude de l’APEC, plus le niveau de diplôme est élevé, plus les chances d’insertion augmentent. Les diplômés de niveau bac + 6 ou plus demeurent les plus favorisés en termes d’emploi et d’insertion (75% contre 60% des bac + 5 et 50% des bac + 4).

Pourtant, les doctorants ne sont pas tous à mettre dans la même catégorie, même après huit années d’études supérieures. Ainsi, pour Valérie Violleau, responsable formation et insertion des doctorants au Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur de Toulouse (PRES), « les titulaires d’une thèse dans le domaine de l’aérospatial ou de l’informatique n’auront aucun problème d’insertion en Midi-Pyrénées. Par contre, le délai de recherche d’emploi pour les doctorants en chimie ou biologie pourra monter jusqu’à un an ». Selon cette spécialiste, « si l’on en croit les chiffres de l’ANPE, il n’y a que 3 ou 4% de chômage chez les doctorants. Mais cela ne reflète pas la réalité ». Le délai pour trouver un emploi va en moyenne de trois à neuf mois, en fonction des domaines. Mais il ne s’agit pas forcément de contrats pérennes : les doctorants peuvent enchaîner les « post-doc » pendant quatre à six ans.

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En Midi-Pyrénées, les six établissements autorisés à délivrer des doctorats sont tous situés à Toulouse. Depuis une dizaine d’années, il s’en délivre entre 780 et 800 chaque année.

A l’IEP, l’optimisme est de rigueur

A l’IEP de Toulouse (dire plutôt Sciences po Toulouse, c’est plus vendeur face à un recruteur…) on est assez optimiste. « Face à la recherche d’emploi, l’état d’esprit est variable en fonction des personnalités, précise Raphaëlle Surun, responsable des relations extérieures et de l’insertion professionnelle à l’IEP. Mais je n’ai jamais ressenti de morosité de la part d’une promo entière ». Les chiffres tendent à le confirmer : selon le dernier bilan de l’Observatoire de l’insertion professionnelle, 44% des diplômés trouvent un emploi en moins d’un mois. En moyenne, le délai d’accès à l’emploi est inférieur à trois mois. Seuls 4% des diplômés 2009 sont en recherche d’emploi ou dans une situation « autre » six mois après leur sortie de l’IEP.

Pour ce qui est des débouchés, les étudiants auront toutes leurs chances de trouver dans les médias, la communication en général, l’audit et le conseil, le marketing, le management… « Pour le début de leur carrière, beaucoup d’étudiants montent à Paris. Mais ils finissent souvent par en partir », ajoute Raphaëlle Surun. A la recherche cette fois d’une meilleure qualité de vie.

Marie Deshayes