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Eden Wales, romancier sur la toile et sans éditeur

Publié le : 27 mars 2009

Il est un livre qui n’aurait pas du exister. Sans la ténacité de son auteur, sans Facebook, sans un peu de chance, il n’aurait probablement pas vu le jour. Les hommes ne comprennent rien aux femmes, mais lui… est le titre du premier roman d’Eden Wales (c’est un nom de plume), un jeune Toulousain de 22 ans. Il est en vente sur Facebook.

« Le roman est né le 19 décembre dernier, le jour où on a imprimé le premier exemplaire », raconte Eden Wales, assis à la terrasse de son café favori, dans le vieux Toulouse. A l’écran de son téléphone, il montre la couverture du bouquin, qu’il a voulue « simple mais efficace ». Il fait partie de ces gens qui aiment tout faire par eux-mêmes. Une stratégie qui semble lui réussir pour l’instant. Il explique : « J’avais fait imprimer cent exemplaires qui ont tous été vendus. Je vais en réimprimer autant ». Le roman est certes encore loin de concurrencer les meilleures ventes en librairie. Mais pour l’auteur, avoir concrétisé son projet est déjà un succès.

A l’image d’Eden Wales, des dizaines de plumes inconnues tentent leur chance sur différents sites communautaires. Internet se révèle être une bonne vitrine pour tous ces écrivains en mal de maison d’édition. « Je n’ai pas cherché à aller voir un éditeur, d’abord par peur de me prendre une claque, confie pour sa part Eden Wales. Mais aussi pour ne pas me sentir verrouillé et me contractualiser ».

Il veut comprendre les femmes

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Le livre est vendu treize euros sur Facebook.

Dans son roman, la narratrice est une jeune femme, écrivain, en panne d’inspiration. Elle rencontre un homme, dans un bar, qui l’interpelle. L’homme a un objectif : réussir à comprendre les femmes. Une utopie, peut-être. Plus qu’une source d’inspiration, la narratrice trouvera en lui une des ces personnes qui changent le cours d’une vie. Dans ce livre, Eden Wales navigue constamment entre deux eaux : celle du roman épistolaire et celle de l’autobiographie. Pourquoi cette fascination pour la psychologie féminine ? Il avoue volontiers avoir toujours aimé être « un confident pour les filles ». « Comprendre leur mécanique, comment elles fonctionnent » est son leitmotiv, admettant tout de même, un sourire au coin des lèvres, « qu’aucune science n’est exacte ».

La rédaction de son roman a duré deux ans. Délaissant son ouvrage pendant parfois plusieurs semaines, il le reprenait alors, pour y ajouter quelques pages : « Il y a très peu de ratures sur le manuscrit en fait. J’écris très vite ».

Un pseudo qui entretient le mystère

Voilà pour ce qui est de l’histoire du roman, du moins celle de ses personnages. L’auteur, lui, n’est qu’au début de ses pérégrinations. L’idée de la promotion du livre sur Facebook vient d’une amie : « Elle a lu le roman et m’a dit : on trouve un pseudo et on va sur Facebook ! ».

Le pseudo entretient une part de mystère quant à sa véritable identité. « Mais qui es-tu ? » est sans doute la question qui revient le plus souvent. L’auteur compte bientôt trois mille contacts, dont beaucoup de filles. Un réseau créé seulement par le bouche à oreille.

Plutôt qu’un livre électronique, il a choisi l’impression : « J’ai fait imprimer le livre chez des gens qui reliaient mes rapports de stage, dans un commerce de photocopies. Ils avaient tout le matériel nécessaire, mais s’en servaient surtout dans un cadre familial ». En ce qui concerne la distribution, le petit plaisir d’Eden Wales est d’apporter le roman en main propre à ses lecteurs. Le cercle commence d’ailleurs à s’élargir : Toulouse, Castres, Montpellier, La Réunion ou la Belgique. De quoi lui assurer pas mal d’aller-retours en train…

L’éditeur traditionnel, une valeur sûre

Si un éditeur lui proposait de publier son roman, Eden Wales confie « qu’il y réfléchirait », son activité d’auteur – imprimeur – éditeur étant plutôt chronophage. Par ailleurs, la diffusion d’un roman via Internet a ses limites. Il paraît difficile d’élargir son lectorat au-delà de quelques centaines de contacts. Les éditeurs traditionnels demeurent une valeur sûre. Comme le rappelle Sylvie Gracia, écrivain et directrice de la collection La Brune chez Les éditions du Rouergue, « le principe de l’éditeur est qu’il donne une légitimité au texte ». Sur la toile, « tout le monde peut mettre en ligne ses textes sans aucune validation d’autrui." On y trouve le pire comme le meilleur.

Dans ces conditions, il est très difficile de se faire un nom. « L’un des premiers auteurs à s’être lancé dans le livre électronique est Stephen King. Mais il avait déjà une légitimité », ajoute-t-elle. Les sites communautaires tels que Facebook présentent néanmoins quelques avantages : ils sont de plus en plus fréquemment consultés par les éditeurs en quête de nouveaux talents. Surtout, ils donnent la liberté d’être lus à tous ceux pour qui les portes de l’édition resteront fermées.

Cliquez ici pour visiter la page facebook d’Eden Wales

Lise Monteillet