Dur, dur, de vivre en ville pour étudier ?
Publié le : 16 novembre 2010La vie étudiante est pour la plupart des jeunes synonyme de vie urbaine. Certains souffrent de quitter la campagne. D’autres profitent d’un changement de paysage.

- Chaque jour, à Toulouse, des étudiants prennent le métro pour rejoindre la fac.
La France compte deux millions d’étudiants âgés de 18 à 24 ans. Conséquence de la forte concentration des universités et autres instituts de formation de niveau supérieur, 30 villes sur 354 aires urbaines en accueillent les trois quarts. Aujourd’hui, 7% des habitants de Montpellier, Rennes et Grenoble sont étudiants.
Champ contre champ
Si campus en latin veut dire "champ", il ne faut pas s’y fier. La plupart des campus universitaires sont situés dans de grandes villes. La ville, il y a ceux qui y sont nés. Et choisissent, avant 24 ans, de ne pas la quitter. Mais il y a aussi tous ceux pour qui le commencement des études implique de migrer vers une métropole.
Pas toujours évident à vivre. Une enquête de l’INSEE a comparé le lieu de résidence de lycéens avec, cinq ans plus tard, la localisation de leur pied à terre étudiant. Il en ressort qu’un étudiant de 18 à 24 ans sur quatre résidant dans une ville en 2006 n’y habitait pas cinq ans plus tôt. Et que parmi eux, un sur dix était issu d’une zone qualifiée de « rurale ».
C’est un déchirement que de quitter la campagne, pour certains, comme Aurélie, 23 ans, tapissière et originaire du village de Perrusson en Indre-et-Loire, qui a « détesté étudier à Grenoble ». S’adapter au bruit, à la pollution et au trafic, demande de la patience. Mais pour une partie de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans qui pour suivre leurs études, ont emménagé dans des villes, celles-ci restent pleines de promesses.
Villes où résident le plus d’étudiants (sur trente métropoles)
Paris : 467900
Lyon : 91600
Toulouse : 71900
Lille : 67500
Marseille : 65900
Discrimination
La consommation de biens culturels est très fréquente chez les jeunes. Il s’agit d’un facteur de réussite important dans la réalisation de leurs études. Mais que l’on soit rat des villes ou rat des champs, ce n’est pas la même affaire. Dans l’accès à la culture, « la taille de la commune de résidence reste un facteur discriminant, même pour la lecture » relève la sociologue Chloé Tavan. Ainsi, en 2005, seuls 12% des Français qui vivent à la campagne avaient assisté à une représentation de théâtre pendant l’année, contre 74% de Parisiens et 59% d’habitants des agglomérations françaises. 57% de titis et 39% de citadins avaient visité un musée, tandis que seulement 21% de ruraux s’étaient déplacés voir des oeuvres.
Charlotte, 23 ans, étudiante en histoire, s’est "sentie vivre en arrivant en ville pour la première fois". "Si j’étais restée à la campagne un an de plus, je crois que je serais morte. C’est affreux pour un adolescent", renchérit-elle. Camille, 25 ans, étudiante à l’EFAP, a passé son adolescence dans un village en Auvergne puis à Clermont-Ferrand. Elle n’est pas moins claire : "Ma vraie vie sociale a commencé à Bruxelles. J’ai enfin rencontré des gens qui avaient les mêmes centres d’intérêt que moi".
Paris, Lyon, Marseille et Lille, élue capitale européenne de la culture en 2004, offrent donc à quiconque de quoi booster ses études et son diplôme. Au prix, sans doute, de la vraie douceur de vivre.


