L’engagement des jeunes en politique
Deux militants finalement pas si différents
Publié le : 16 décembre 2010Le premier s’est engagé aux côtés des Jeunes Populaires, le second au Mouvement des Jeunes Socialistes. Regards croisés sur Gautier et Maxime, deux militants opposés… mais une même manière de s’engager.

A priori, tout les oppose. Chemise et pantalon pour l’un, veste en cuir et jean pour l’autre, rien que dans leurs tenues vestimentaires Gautier Lopez et Maxime Dollé ne se ressemblent pas. Même si tous les deux sont engagés en politique, leur différence la plus marquée est à l’évidence leur bord politique. Le premier milite aux Jeunes Populaires, le parti des jeunes de l’UMP, l’autre au MJS, son homologue du Parti Socialiste.
Une affaire de famille
Ce n’est pas qu’il vienne d’une famille très politisée. Certes, chez Gautier, « on est de droite », mais personne n’était encarté avant que lui-même ne le soit. D’ailleurs, c’est lui qui a fait adhérer sa famille. Même constat chez Maxime. Une mère « de gauche » et un père « aux contours politiques plus flous », il a apporté le débat dans sa famille. « On parle beaucoup plus de politique à table depuis que je milite ».
Baptême de campagne
Maxime est le plus ancien militant des deux. À 24 ans, il a presque cinq ans de MJS derrière lui, mais c’est presque par hasard qu’il a rejoint les rangs du parti. C’était en 2005 lors de sa première année comme étudiant à Sciences Po. Une amie très engagée lui a proposé de l’accompagner à une de leurs réunions. Depuis, il n’en a pas manqué une. Gautier, 21 ans, a rejoint les Jeunes Populaires en 2007 lors de la campagne électorale qui a débouché sur l’élection de « son » candidat, Nicolas Sarkozy.
Les deux militants gardent un souvenir précis de cette campagne présidentielle, la seule qu’ils ont vécue depuis qu’ils sont dans leur parti. Pour Gautier, c’était le moment de la découverte du parti, des premiers tracts sur les marchés. Mais c’était surtout le moment de l’affirmation. « J’ai eu un déclic », se souvient-il, « À ce moment-là, je n’ai plus eu honte d’assumer mes idées politiques, Nicolas Sarkozy m’a décomplexé ». Même souvenir ému du côté de Maxime. Si ses tracts à lui vantaient Ségolène Royal, la motivation était aussi grande : « Une campagne électorale ça te rebooste »
« Changer le monde »
Mais qu’est-ce qui fait tracter ces militants ? Pourquoi s’engagent-ils en politique ? Pour Gautier, il s’agit de « porter des valeurs, d’être dans l’action ». Maxime va plus loin. « Je crois que seule la politique peut changer les choses, c’est la politique qui doit fixer les règles et non l’économie ». Pour lui, être de gauche, c’est être en « résistance ». Une résistance que Maxime tente de relayer au sein de son parti. « On veut faire bouger les anciens de la SFIO ! ». Gautier lui aussi espère influencer l’UMP. « J’essaye de relayer des idées dans le parti afin de faire changer les choses »
Profession politique
La voix du jeune de droite est plus formatée que la voix de celui de gauche. « À l’UMP, il y a des classes moyennes comme des techniciens de surfaces de la mairie », « il y de petits désaccords, mais nous sommes tous unis derrière un homme, Nicolas Sarkozy, ce qui n’est pas le cas pour les gens de l’opposition ».
Gautier fait très professionnel de la politique. Au contraire, Maxime est plus détendu. Pourtant les deux jeunes gens sont engagés dans la hiérarchie de leur parti. Maxime est secrétaire général du MJS, Gautier est conseiller national de l’UMP. La différence vient sans doute du fait que Gautier affiche clairement ses ambitions. Il se verrait bien faire de la politique son métier. « Pourquoi pas », explique-t-il, « mais il faudrait qu’un élu me remarque » en attendant, il veut finir son master de sciences politiques à l’université de l’Arsenal.
Pour Maxime, en revanche, c’est moins évident. Même s’il avoue que l’idée lui a « titillé le cerveau », il n’est pas encore prêt à franchir le pas. Cependant, il ne veut pas s’éloigner de la politique dans sa carrière professionnelle, alors il recherche du travail auprès des élus pour se mettre « au service de l’intérêt général ». Quant à remplacer les cadres du PS, « on verra », résume-t-il, prudemment…


