Contesté, le féminisme demeure d’actualité

L’année 2010 sonne les 40 ans du Mouvement de libération des femmes (MLF). Pourtant, aujourd’hui encore, les inégalités hommes-femmes demeurent nombreuses.

« Féministe, va ! ». Dans la bouche de certains, ces quelques syllabes sonnent comme une insulte. Une brimade qui pousse une génération entière d’hommes et de femmes à regarder le féminisme contemporain d’un œil goguenard. Il faut alors se poser la question : le féminisme est-il une lutte dépassée, d’un autre temps, voire devenue inutile ?

L’égalité réelle hommes-femmes est loin d’être atteinte

Les chiffres montrent que non. Si l’égalité formelle, juridique, peut être considérée comme acquise, l’égalité réelle est loin d’être atteinte. Selon Caroline De Haas, cofondatrice d’Osez le féminisme ! « le différentiel de salaires est toujours de 20 % en défaveur des femmes ; 80 % des emplois précaires sont occupés par des femmes ; il y a 81,5 % d’hommes sur les bancs de l’Assemblée nationale ; 80 % des tâches ménagères sont encore le “privilège” des femmes ».

L’Observatoire de la Parité relève que les femmes représentent seulement 17,1 % des chefs d’entreprise de 10 salariés et plus. Pourtant, rares sont celles qui osent s’engager. Souvent par peur d’être caricaturées. Une peur légitime quand on voit les critiques fuser. Les féministes ne mettraient pas de soutien-gorge et ne s’épileraient pas. Elles seraient hargneuses. Des clichés surannés visant simplement à délégitimer un mouvement qui fait peur ?

Aujourd’hui, de nombreux problèmes restent entiers : le “plafond de verre” sévit encore dans l’entreprise, l’industrie pornographique malmène la femme, le partage des tâches à la maison n’est pas équitable et les publicités pour lessives ne sont pas mixtes. Dans ce cas, mieux vaut retourner à la vaisselle que de passer pour une harpie en vertu d’un principe aussi désuet que l’égalité. Qui le voudrait ? Aucune femme - et probablement aucun homme.

Leïla Capiaux