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Au 4 rue Goudouli, les sans-abris retrouvent vie et repères

Publié le : 28 septembre 2011

Au 4 rue Goudouli, un foyer de vie a été ouvert aux sans-abris dans un ancien bâtiment d’Etat. Les bénévoles du GPS sont actuellement en négociation avec la préfecture pour des financements.

Depuis le 26 avril dernier, le collectif Groupement Pour la défense du travail Social (GPS) occupe un bâtiment de l’Etat qui accueillait l’Association pour la formation professionnelle des adultes jusqu’à il y a deux ans. L’une des bénévoles, Eléonore, m’a fait visiter les lieux et rencontrer les habitants.

Un accueil adapté

Le bâtiment est spacieux et bien aménagé, Eléonore me confie que tous les meubles proviennent de dons et de récupérations. Le foyer compte actuellement une quinzaine d’habitants venus de la rue après la fermeture des centres d’accueil du centre-ville. Ce foyer se distingue par son illégalité et son ouverture 24 h/24 toute l’année, les sans-abris hébergés sont donc chez eux. Eléonore m’avoue que les habitants ont été cruellement marqués par trois mois dans la rue : « ici, ils se reposent, n’ont pas d’heure pour se lever, je les ai vus revivre et s’épanouir en cinq mois ». Pas de contrainte spécifique, mise à part celle de participer au ménage et à la cuisine.

La vie en communauté est un atout vanté par William, l’un des deux travailleurs pair, ancien sans-abri ayant désormais le rôle d’assistant, qui vit au foyer et s’occupe de la bonne gestion des lieux. L’important pour lui est que les habitants se sentent bien : « on n’est pas là pour juger, on n’a aucun tabou ».

Eléonore me présente les habitants, qu’elle fait s’exprimer pour que je puisse tâter de l’ambiance des lieux. Très vite, les langues se délient, comme Francis : « on mange, on dort, c’est tout », ou bien Claude : « on manque de femmes ici ». Ce qui domine, c’est une certaine satisfaction de la vie menée au foyer, mais aussi un ennui latent. Eléonore rebondit aussitôt et m’affirme que l’équipe du GPS va, au travers d’un conseil de maison, proposer des activités aux habitants. Ceux-ci sont en effet décisionnaires, les bénévoles n’ayant qu’un rôle d’encadrant et d’arbitre.

Des négociations avec la préfecture pour une aide financière

Depuis la fin de la trêve hivernale 2011, les militants du GPS, soutenus par les Don Quichotte, ont engagé des discussions avec différents services municipaux et étatiques. La Mairie les soutient et se propose de payer l’eau et l’électricité, tandis que le collectif est toujours engagé dans des négociations avec la préfecture concernant l’investissement financier de l’Etat dans le projet. Au cœur du débat, la demande de travailleurs sociaux rémunérés, d’un bâtiment plus grand et d’une aide pécuniaire pour être en mesure d’acheter de la nourriture sans dépendre des dons de particuliers et de la participation volontaire des habitants.

Après une rencontre le mercredi 27 septembre au foyer, les habitants attendent des nouvelles dans le courant de la semaine. Leur situation semble devoir se stabiliser, avec l’assurance d’un projet définitif dans les deux ans à venir.

Florence Massena