Etudiant(e)s et déjà parents
A la rencontre de ces étudiants déjà parents
Publié le : 23 mars 2011Une jeune femme, un landau, un sac à langer avec à l’intérieur des couches et un bébé qui commence à s’agiter. Maintenant, imaginez un décor à cette scène. Aucun d’entre vous n’aurait pensé à un amphithéâtre de fac ! Si de plus en plus de solutions existent pour ne plus en arriver là, de nombreux étudiants tentent chaque jour de concilier les cours et les biberons. "Univers-Cités" est allé à la rencontre de ces parents hors du commun, qui ont décidé de vivre l’aventure de la vie en accélérée.
Romain a 20 ans. Ce petit garçon, qu’il dépose ce matin à la crèche de l’université Paul-Sabatier, il l’a eu alors que lui et sa compagne n’étaient encore qu’en classe de première. Tout s’est ensuite enchaîné très vite, le bac puis l’inscription à la fac. Mais quoi qu’il arrive, pas question que le bébé soit un frein à cet ambitieux programme. « Nous avons décidé de mener à terme nos études, bébé ou pas. Grâce à la crèche, mon amie, qui étudie en GEA (Gestion des Entreprises et des Administrations), peut récupérer le petit directement après les cours et rentrer en métro puis en bus. Le midi, il reste à la crèche et comme les horaires sont étendus, on s’en sort largement », nous explique-t-il comme si, finalement, ce n’était pas si compliqué.
Pourtant, tout comme la journée d’un bébé ne prend pas fin à sa sortie de la crèche, le travail d’un étudiant ne s’arrête pas aux portes de l’amphi. Comment concilier alors le travail personnel et un bébé ? Mahuna a 28 ans et prépare une thèse d’informatique. « Pour le travail personnel, c’est très difficile », nous confirme-t-il. « J’utilise au maximum ma compagne, qui elle, n’est pas en thèse. On se débrouille comme on peut, ce n’est pas ingérable mais ça demande énormément d’organisation ».
Allô Maman bobo
Mais parfois, les réalités du quotidien rattrapent la routine. Un bébé malade signifie pas de crèche. Et Sylvie Meme, directrice adjointe de la crèche universitaire Upsimômes trouve qu’il y a sur ce point beaucoup à revoir du côté des facs. « Les administrations ont resserré la vis dans leur gestion de l’absentéisme », déplore-t-elle. « De plus en plus de cours sont obligatoires et on voit les parents demander des mots d’excuse aux assistantes sociales, parce que personne ne peut prendre en charge leur enfant. C’est scandaleux de les pénaliser ». Imprévus, fermetures annuelles de la crèche : David a 23 ans, étudie en STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) et est heureux de pouvoir compter sur ses amis dans ce genre de situation. « J’ai rencontré d’autres parents étudiants comme moi et on s’entraide beaucoup. Heureusement, car parfois, certaines journées deviennent de véritables casse-têtes ».
Finalement, tous se rejoignent pour dire que, sans la crèche du campus, la situation aurait pu devenir ingérable. « Les nounous pratiquent des tarifs trop élevés pour nous et c’est très difficile d’en trouver une qui nous corresponde », nous explique Mahuna. « A la crèche, les enfants sont entourés et peuvent profiter d’un éveil adapté ». Mais toutes les universités de France sont bien loin d’être pourvues d’une crèche sur le campus, comme ici à Toulouse. En ville, les dispositifs sont encore peu nombreux et les places plus que chères.


