A Toulouse, la fête continue

Publié le : 13 octobre 2011

La mairie et les représentants professionnels des cafetiers, discothèques et des métiers de l’hôtellerie ont signé une charte sur la réglementation de la vie nocturne. Qu’en pensent les étudiants, premières personnes ciblées par ce texte ?

Encore un samedi soir, place Saint-Pierre. 1h du matin. Il y a foule. Un videur ouvre la porte de La Couleur de la Culotte pour faire entrer quelques clients : "boum boum", on entend soudainement résonner dehors le dernier titre Martin Solveig. Puis la porte se referme, retour au calme. Un groupe de filles discute à quelques mètres de là : ont-elles entendu parler de la Charte de la Vie Nocturne ? « Non, qu’est-ce que c’est ? » demande Marion.

En bref, ce texte adopté à l’unanimité le 23 septembre par le Conseil municipal et signé le 1er octobre par des représentants des professionnels de la nuit prévoit de « maintenir et accompagner la tradition festive de la ville tout en veillant à la tranquillité publique et à la propreté des espaces publics ». Entre autres mesures, la charte rappelle la fermeture obligatoire des bars à 2h en semaine et à 3h le week-end, ainsi que l’interdiction pour les épiceries de nuits de vendre de l’alcool à partir de 22 heures.

Tous fliqués ?

« La fête fait partie de l’ADN de la ville. On est en train de tuer cet esprit », s’indigne Anthony à la sortie du Saint des Seins. « Ca n’est pas si étonnant que les bars aient signé cet accord, estime Nathalie. Cela fait tourner leur business en forçant les gens à aller chez eux. Mais où vont aller ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un verre dans un bar ? On n’a plus qu’à rester chez nous ! »

Fatou habite rue des Blanchers. Pour elle, le constat est mitigé. « J’aime bien m’amuser avec mes copines. Mais certains soirs, quand je suis chez moi, il y a quand même beaucoup de bruit… C’est pas toujours facile de dormir. » Rue Pargaminières, l’ambiance est joviale. Un garçon entonne « I will survive », une bouteille de bière à la main. Il s’appelle Cédric. « On est complètement fliqués, confie-t-il à la fin du second couplet. Il y a deux jours, lors d’un pique-nique avec des amis, un policier nous a demandé de jeter nos bouteilles dans une camionnette. »

La réaction est plutôt amicale : il s’agissait en réalité d’une action de prévention suite à l’adoption cet été d’un arrêté « anti-alcool » qui interdit la consommation dans tout le centre-ville. Les premiers PV devraient tomber dès le mois de novembre. En attendant, à Toulouse, la fête continue.

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