Le billet

Le droit de boire des bières

Le 8 mars, c’est la Journée de la femme. L’occasion de regarder à quoi ont servi les luttes politiques féministes des récentes décennies. Les droits des femmes, il y en a aujourd’hui beaucoup. Parmi eux, le droit à l’avortement, le droit à la conception, le droit à la prostitution, le droit au divorce… Ces droits sont des acquis du féminisme d’hier. Quid du féminisme d’aujourd’hui ? Il y a quelques mois j’écoutais une féministe invitée dans l’émission de Frédéric Taddéi sur France 3, réclamant le droit de faire les mêmes choses que les hommes, « le droit de roter et de boire des bières ».

La journée de la femme me fait penser à un livre de Stefan Zweig, 24 heures de la vie d’une femme. Quelle différence entre une journée de femme et la journée de la femme ? J’ai demandé à ma voisine de palier, Jacqueline. Elle a 70 ans. Elle se lève le matin à 6h. Elle écoute la radio ou met un CD d’opéra. Elle prend tout son temps pour faire sa toilette. Une fois prête, elle sort faire ses courses, va nager. Elle mange à la cantine des "PTT" avec ses anciennes collègues. L’après-midi, elle se balade, va à des conférences sur les beaux-arts ou l’architecture. Le soir, elle va au ciné ou à un concert. Elle dit que dès qu’elle a le moral qui baisse, elle sort. Jacky a un souci d’élégance extrême. Elle est toujours parfumée et ne porte jamais les mêmes vêtements dans la même semaine. Alors, l’avenir du féminisme : après le droit de voter, le droit de roter ?

Cécile Paulet